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 Histoire à plusieurs mains.

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Lilith 168
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MessageSujet: Re: Histoire à plusieurs mains.   Jeu 18 Aoû - 23:17


En cette douce fin d'après-midi du mois d'octobre, les milliers de curieux venus s'agglutiner au fil des mois au pied du Mont Bugarach, remarquèrent qu'une impressionnante masse de nuages noirs envahissait le ciel. L'allégresse s'empara de chacun, le moment tant attendu était proche. Ils échangeaient fébrilement leurs impressions. - Les trois jours d'obscurité prédits par les Mayas se réalisaient. La prochaine transformation planétaire se mettait en place, déclaraient certains euphoriques.
Toutefois les avis divergeaient et créaient des animosités au sein de la communauté, des clans opposés s'affrontaient, l'hystérie collective se répandait comme une traînée de poudre.

Non loin de là, deux jeunes filles et leurs amis, à l'allure décontractée, assistaient médusés aux débordements de ces gens prêts à en venir aux mains. Dégoutés, ils s'éloignèrent en direction de la petite caravane, installée un peu à l'écart de ces fanatiques, et qui les abritait depuis quinze jours. Sur le chemin Lola demanda quelle mouche les avait piqués.
- Une foudroyante épidémie de crétinerie s'est abattue sur eux. Exaltant des délires psychotiques.
Répondit Théo flegmatique.
- Ils n'ont pas la lumière à tous les étages ! Ajouta Robin, rigolard.
- ça finira par un carnage ! Conclut Julie.

A leur arrivée Théo et Julie se mirent à collecter du bois mort aux alentours, pendant ce temps Robin et Lola s'en allèrent faire des emplettes à dix minutes de là, auprès de l'épicier et autres commerçants ambulants devenus prospères grâce -à la Fin du Monde-, une affaire très rentable.
Le feu crépitait joyeusement, éclairant les préparatifs en vue de l'expédition prévue le lendemain. Théo rassemblait les cordes, de fines couvertures de survie, la pharmacie, Julie les entassait dans deux sacs à dos, elle ajouta des lampes frontales et de poche.
Lola et Robin revenait les bras chargés de victuailles, une partie de celles-ci garnirait un troisième sac. Les courses rangées ils préparèrent le dîner tout en dégustant un kir bien frappé, la table dressée les quatre amis prirent place. Sans se faire prier ils attaquèrent d'un bel appétit une salade de pâtes fraîches au saumon fumé, suivie de savoureuses brochettes de bœuf accompagnées d'un bon rosé du pays bien frais, la dégustation d'une sublime crème anglaise au caramel couronna le tout. Désormais repus et détendus, les derniers détails de l'expédition furent abordés.
La vaisselle terminée, les filles s'éclipsèrent dans la chambre, les garçons flânaient encore un moment en fumant une cigarette, en cet instant ils ne pouvaient prévoir les conséquences dramatiques de leur projet.

Allongée sur sa couchette Julie ressassait les raisons de leur venue ici.
- Tout commença alors qu'ils participaient à de passionnants débats sur des forums abordant la théorie des Neufs Inframondes du Calendrier Maya, soutenu par Carl J. Calleman -ce scientifique développait l'idée d'une évolution spirituelle planétaire due à la dernière onde du Neuvième Inframonde qui verrait son apothéose le 28 octobre 2011. Certains affirmaient qu'elle débuterait au Mont Bugarach.- Sa relation avec la captivante légende des treize Crânes de Cristal enflammait leur imagination fertile.
Malheureusement le treizième Crâne -le Maître Crâne- demeurait introuvable, en conséquence son absence mettait en péril l'humanité la livrant sans protection aux désastres qui l'attendaient.

Dès le début Julie releva qu'une extraordinaire coïncidence les unissait : ils avaient vu le jour le 28 octobre 1991 à la même heure, et, géographiquement aux quatre points cardinaux de l'hexagone.
La similitude étonna aussi ses trois amis prêts à imaginer les suppositions les plus farfelues.
Cerise sur le gâteau des internautes annonçaient l'ouverture d'une Porte Interdimensionnelle (le 28 octobre) permettant d'accéder à un monde meilleur... La pensée de vivre une fantastique aventure les incita à s'y rendre.
Parfois des sentiments confus les submergeaient, une impression d'urgence et le manque de quelque chose... de primordial les gagnaient... Une vague de tris...tesse s'immi...sçait...
Julie sombrait peu à peu dans les profondeurs du sommeil... entourée des bras protecteurs de Théo venu la rejoindre. Près de là, Lola dormait à poings fermés, Robin se coula doucement à côté d'elle...
A six heures du matin alors que les feux de camp finissaient de se consumer, quatre ombres furtives se glissèrent hors du camp sous le ciel étoilé et disparurent dans un bois d'où s'élevait une large écharpe de brume.
Robin le beau gosse sportif aux cheveux blonds ouvrait la marche suivit de la brune et ravissante Julie, la blonde et sensuelle Lola lui emboîtait le pas, Théo l'eurasien intello fermait la troupe. Deux kilomètres plus loin un ravin en partie boisé stoppa leur élan, la descente ne fut pas un obstacle, plus bas une large corniche herbeuse les reçut, là des arbustes et des buissons y prospéraient. Soulagés de pouvoir faire enfin une pause en toute sécurité ils se délestèrent des sacs à dos.
" -L'entrée de la cavité se trouve derrière les buissons, expliqua Robin, je vais repérer le terrain, en attendant reposez-vous ".
L'étroitesse de l'anfractuosité l'obligea à se déplacer le dos contre la paroi, il parcourut ainsi une dizaine de mètres, plus loin le boyau s'arrêtait en surplomb au-dessus d'une grande caverne où un inextricable chaos de rochers, dont l'origine ne faisait aucun doute : l'écroulement du plafond des millénaires plus tôt.
Son œil de spéléologue averti repéra le trajet à suivre, et il le parcourut aisément. Au fond de la formidable grotte une galerie s'enfonçait vers le Bugarach.
Une demi-heure s'était écoulée quand Robin réapparut au grand soulagement de ses compagnons un peu inquiets. Il leur décrivit le topo du terrain, en donnant des conseils sur les techniques à employer afin de surmonter chacune des difficultés rencontrées.

Ils se faufilèrent prudemment dans l'étroite cavité. Parvenus au fond de la caverne ils s'engagèrent dans la galerie, en s'enfonçant plus avant les parois devenues lisses dégageaient de la luminosité. Un virage à droite et le souterrain se séparait en deux.
"Prenons la galerie à droite ! A mon avis le virage sert d'indication, estima Julie."
Dans le doute les garçons proposèrent de partir en éclaireurs. Dix minutes après, l'eurasien revenait l'air contrarié.
- C'est une impasse, avoua-il déconfit, tu avais vu juste Julie.
Un sourire entendu éclaira le visage des filles. Le temps passait et le spéléo tardait à revenir. Théo décida :
- Aller en route nous le croiserons en chemin.
Après un kilomètre parcouru la galerie finissait en cul-de-sac sans aucune trace de Robin. Angoissée Lola s'alarma. "Il s'est volatilisé !
- Calme-toi... conseilla l'eurasien, un passage doit exister.
- Oui, mais où ? Demanda Julie.
- Sondons les parois en revenant sur nos pas suggéra Théo."
De retour au carrefour la disparition de leur ami restait une énigme. Assis dans un coin ils faisaient le point sur la situation quand la voix de Robin les interrompit, le sourire aux lèvres.
Ils restèrent sans voix, la surprise passée les questions fusèrent de toutes parts, ses réponses se perdaient dans le brouhaha... Lola intervint pour appaiser les ardeurs, le calme revenu il raconta ce qui lui était arrivé, ensuite il les guida jusqu'à l'endroit de la muraille ensorcelée. Un vortex s'ouvrit dès qu'il appuya sa main dessus. Un vertige les prit chacun à leur tour lorsqu'ils furent aspirés malgré eux par un tourbillon qui les fit surgir dans une salle de belle dimension recouverte d'un magnifique turquoise phosphorescent. En son centre, un bassin emplit d'une eau cristalline au milieu duquel trônait un majestueux Crâne en Cristal noir posé sur un piédestal en cristal finement ciselé et limpide comme l'eau. Robin s'apprêtait à franchir le minuscule lac, mais une force invisible le refoula en arrière, une barrière de protection s'était mise en place. Prudent il rejoignit ses amis en contemplation. Près du mur derrière le Crâne flottait une pyramide en cristal d'une pureté incomparable, de mystérieuses inscriptions ornaient les murs latéraux. Les regards se tournèrent vers Théo, spécialiste en linguistique et en ésotérisme, ce dernier y jeta un rapide coup d'œil et déclara : "Il s'agit ici d'écriture Runique, en face nous avons affaire à "l'écriture" de Glozel.
- Que disent-elles, questionna Rob.
- Attendons la traduction, conseilla Julie.
Un calepin et un stylo en mains l'ésotériste s'attela à la tâche, en attendant les filles grignotaient un sandwich. Le spéléo fourrait son nez partout, de larges recoins recélaient de curieux artefacts. Pensive Lola admirait la pyramide à l'intérieur de laquelle des zébrures arc-en-ciel se développaient.
" Regardes Julie, murmura-t-elle en saisissant son poignet. La pyramide s'anime !
- Heueu... Je ne vois rien.
- Si il y a quelque chose qui prend forme, on dirait... une silhouette !
Julie ne s'étonnait pas, elle connaissait les capacités médiumniques de son amie.
- ça y est je l'aperçois mieux. Sa tête est disproportionnée par rapport à son corps. Il me parle. Je ne comprends pas... Attends j'y suis ! Pyramide... devant le mur... derrière le Crâne... œuf... issue...

Théo satisfait interpella ses compagnons. - Les Runes donnent une formule magique ! Puis elles disent -Enlève le Crâne et cherche le noyau d'énergie.
- On le prend comment ? Nous ne sommes guère plus avancés, se lamenta Robin. Qu'en est-il de Glozel ?
- A ce sujet je m'avoue momentanément vaincu, toutefois les Runes mettent sur une piste, l'écriture de Glozel est un ensemble d'idéogrammes que l'on doit construire en 3 D pour être déchiffrer. Malheureusement je n'ai ni le temps ni le matériel nécessaire à l'exécution de cet exercice.
Robin maugréa. " On laisse tomber...
- Non, Lola détient des infos importantes, intervint Julie en la poussant du coude. Vas-y déballes !
La médium rapporta la vision de la créature et ses indications délivrées un instant plus tôt.
- Un petit bonhomme vit là-dedans ? Ironisa Robin moqueur.
- Mais non ! Nigaud ! Elle a vu un hologramme ! "
Théo et Lola assistaient amusés aux taquineries du grand blond et aux vives réparties de la jolie brune. Mais l'heure n'était plus aux chamailleries, tous les indices recueillis permettraient de saisir l'essentiel de l'énigme.

Le rôle principal revint à la Wiccane, la seule habilitée à mener à bien la mission consistant à déclencher le système qui révèlerait comment libérer le Maître Crâne en cristal.
D'abord immobile sous la pyramide devant le mur derrière le Crâne, la Wiccane commença un rituel de Magie Gestuelle en psalmodiant la formule magique... Une trappe se dessinait dans la paroi devenant progressivement transparente, on distinguait un œuf en albâtre sur un socle. Dès qu'elle le prit le bouclier protecteur se dissipa immédiatement, une passerelle surgit au-dessus du bassin, l'ésotériste la traversa, craignant de s'exposer à quelques mauvaises surprises il s'approcha et saisit le Crâne avec prudence.

Ils avaient réussi ! Venus explorer la grotte qu'ils pensaient insignifiante, ils avaient fait une incroyable découverte ! Le retour au camp s'annonçait des plus mouvementés. Il était temps de regagner la galerie où un problème de taille les attendait, cette dernière se réduisait dorénavant à une dizaine de mètres, un énorme rocher en bouchait la sortie.
" Quelle galère ! On fait quoi ? S'alarma Lola. Théo répondit. -On réfléchit.
Sortons le Crâne du sac, posons-le sur le sol, nous verrons bien si son pouvoir détruit le rocher ! Envisagea le spéléologue.
Peine perdue, le bloc n'explosa pas, il ne se volatilisa pas non plus.
Lola eut l'idée de chercher le noyau d'énergie. L'ésotériste contra " Il n'est guère probable qu'il soit ici. "
- La solution pourrait se trouver parmi les indications de l'énigme transmises par les Runes et l'hologramme, suggéra Julie en tâtant machinalement la poche de sa veste. Elle en retira l'œuf d'albâtre glissé pendant qu'elle regardait Théo emporter le Crâne. Il vibrait doucement dans sa main, elle l'ouvrit, celui-ci s'éleva dans les airs en tourbillonnant lentement sur lui-même, puis sa vitesse s'accrue. D'un coup il fila s'encastrer dans la roche, la dématérialisa instantanément et creusa un souterrain. Séance tenante la petite troupe s'engouffra à son tour et perdit de vue l'œuf d'albâtre.

La descente dans les soubassements de la montagne semblait interminable, au loin une vague lueur pointait. Impatients les garçons songeaient à se restaurer, la faim les tenaillait. Ils débouchèrent enfin devant une gigantesque structure se dressant au fond d'un gouffre.
"Quel est ce truc ? Dirent-ils de concert.
- Oh Oh ! On dirait un vaisseau spatial, avancèrent les garçons.

Tout à trac, Robin déclara : - Bon ce n'est pas le plus important ! On meurt de faim, alors mangeons !
Ils firent honneur aux sandwichs tout en discutant des précédents évènements qui à leurs yeux s'apparentaient à un jeu de piste, la galerie obstruée en confirmait la réalité. L'astronef serait-il le dernier niveau à passer ?
- La poursuite de l'équipée se révèle indispensable afin d'éviter le Game-Over ! Claironna Robin espiègle.
Lola remarqua : - La prophétie des trois jours d'obscurité tombe à l'eau. Envolés ce matin les gros nuages noirs !
Théo observa : - Personne ne peut se prévaloir d'interpréter correctement les augures annoncés. Nul n'aurait songé pouvoir trouver le treizième Crâne au sein du Bugarach.
- La complexité de l'affaire et ses péripéties ressemblent étrangement à un roman d'aventure dont nous serions les principaux héros, surenchérit Julie.
- Allons voir ce qui se cache là-dedans proposa Robin maintenant impatient."
Mais la carlingue lisse comme un miroir posait problème comment pénétrer dans le vaisseau. Un mouvement fulgurant sur la droite les surpris, il cessa pile sous le nez de la Wiccane effrayée. Avec soulagement elle reconnut l'œuf d'albâtre, tendit la main. Il se posa dessus en vibrant légèrement.
"Il est heureux de te revoir, plaisanta Rob".
Un instant plus tard il s'éloigna jusqu'à frôler la coque de l'astronef, une infime partie fut dématérialisée créant un passage pour s'y faufiler.

Le spéléo conseilla, "Gardes-le précieusement, il t'ouvrira toutes les portes et a fortiori celles qui n'existent pas.
- Il n'ouvre pas les portes, c'est un convertisseur de matière.
- Comment le sais-tu, l'interrogea Théo.
- Je suis reliée à lui mentalement.
- Tes consœurs Wiccanes doivent craindre tes prodigieux pouvoirs !
- Je n'en fréquente aucune depuis qu'une certaine Comtesse Szczeskaya a tenté de m'éliminer !
- Wouah ! Dangereuse la pratique de la Wicca ! Conclut Lola compatissante en passant par la brèche.

Le convertisseur de matière les avait précédés à l'intérieur du vaisseau, Julie l'attrapa et l'empocha. Des rayonnages couraient le long des parois à l'instar d'une bibliothèque et couvraient la moitié de l'espace. Empilées sur les rayons, serrées les unes contre les autres, des capsules opalescentes d'une quinzaine de centimètres intriguaient la bande d'amis. On pouvait y distinguer de fugitives lueurs comparables à des flashs.
"- Une réserve d'énergie, commenta Robin.
- Probablement, acquiesça Théo.

La visite se poursuivait sans encombre.
- R.A.S ! Lança le spéléo.
- Rien à signa....., ne put finir son ami soudainement englouti. Le sol venait de céder sous ses pas.
Horrifiés ils se précipitèrent au bord de la cavité et s'époumonaient en l'appelant.
- Théo ! Théo ! Est-ce-que ça va ?
Deux interminables minutes s'écoulèrent avant de percevoir sa voix assourdie qui les encourageait à le rejoindre.
- Un épais molleton amortira votre chute ! Cria-t-il rassurant.
En bas une salle blanche et sobre recélait six magnifiques fauteuils blancs, alignés au centre, en forme de cocon au design très futuriste. Après un minutieux examen et quelques commentaires, Lola en essaya un, ses amis l'imitèrent. Ce moment de détente ils en jouissaient avec délectation, quand soudain en un clin d'œil les cocons se refermèrent !
Une clarté rougeoyante inonda progressivement la pièce et infiltra le spationef...

A l'heure de l'apéritif des campeurs attentifs au moindre présage virent le Mont Bugarach s'empourprer. Il ressemblait à un brasier incandescent, on se serait attendu à une température étouffante cependant elle avoisinait seulement les 27 degrés. Le camp en alerte se rassembla afin de déterminer la conduite à tenir. Rester ou fuir ? Un des chefs de clan rappela : -Souvenez-vous, nous sommes actuellement dans la septième onde du Neuvième inframonde, et dans trois jours nous serons le 28 octobre 2011, c'est à dire le dernier jour du Calendrier Maya !
Des hourrahs et des vivas s'élevèrent de toutes parts, des théories les plus invraisemblables couraient à travers le campement géant, sur le pourquoi de cet embrasement.
Un grand nombre d'entre eux priaient agenouillés, d'autres emportés par une ferveur démesurée succombaient à l'hystérie... Une poignée d'irréductibles se précipita à l'assaut du Mont dans l'espoir de capter au maximum les effets de cet éclat vermeil. Le résultat ne fut pas celui qu'ils attendaient.

-Ils sont vraiment incurables ! Aurait pu dire Robin en pouffant de rire.

Vers minuit une vague de lumière rougeoyante se répandit dans la vallée et déferla ensuite sur la planète entière faisant sombrer l'humanité dans une totale obscurité... mentale.




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Lionel
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MessageSujet: Re: Histoire à plusieurs mains.   Sam 27 Aoû - 0:16

La vague avait mis quelques heures seulement à recouvrir la planète. Partout sur le globe, les journaux télévisés tournaient en boucle sur ce phénomène. Un ciel pourpre, de jour comme de nuit, drapait le ciel, bas, sombre, et inquiétant.

Sous le Mont Bugarach, Irina accompagnée de Sadia, faisait face à la Grande Coordinatrice Siilla. L’atmosphère n’avait rien de cordiale. La Comtesse était insensible au flux calmant mental, Siilla le sentait bien. Et Irina avait un esprit fort et déterminé.
« _ Comtesse Szczeskaya… »
« _ Grande Coordinatrice… »
Irina ne souriait plus, Sadia ressentait une grande tension émaner de son amie, comme si tout son esprit était concentré, contracté. Son regard parcourait la pièce.
« _ Voici donc le lieu d’où va s’ouvrir le Neuvième Inframonde. »
« _ Oui, félicitations, vous nous avez trouvés. Mais votre plan de conquête du Neuvième Inframonde va s’arrêter là, Comtesse. »
Irina restait calme, concentrée.
« _ Comme quoi, ni vous, ni Inoué, vous n’avez compris quel était mon vrai but. En définitive, je n’ai pas trop mal manœuvré. »
Siilla tiqua. Irina esquissait un semblant de sourire, et la Coordinatrice n‘aimait pas ça.

Luc était resté dans la chambre, qui ressemblait de plus en plus à une cellule. On venait de lui amener quatre jeunes gens, qui à leur manière de se débattre, n’avaient pas choisi d’être là. Tout le monde se regardait en chien de faïence. Luc rompit le silence.
« _ Euh… salut. »
« _ Salut. »
« _Perdus dans une caverne aussi ? »
« _ Oui, et… capturé par des gros robots ? »
« _ Pareil. Bienvenu au club. »
Lola ne se sentait pas du tout à l’aise.
« _ C’est quoi ça, c’est qui ici ? »
« _ Chut, calme toi, ça va aller. »
Robin essayait de la calmer. Luc raconta un peu son histoire.
« _ Pour faire rapide, on est dans une base extra-terrestre, sous le Mont Bukachose, je sais plus… »
« _ Bugarach. »
« _ Oui, c’est ça. Et nous, on est trois. Y’a moi, mon amie et une Comtesse. »
Julie, alors fascinée par les mouvements des décorations aux murs, se retourna d’un coup.
« _ Une Comtesse ? »
« _ Oui, cette salope d’Irina Szczeskaya ! »
La Wiccane blêmit d’un coup. Avant que Théo ouvre la bouche, elle le prit à part.
« _ Tais-toi ! Ne dit rien ! »
« _ Mais, si elle… »
« _ Elle ne m’a jamais vue, elle ne me connaît pas ! Elle ne doit pas savoir qui je suis ! »
Julie lança un regard en coin à Luc.
« _Et lui non plus. »

« _ Empêcher une… invasion ? »
Siilla avait sciemment fait comme si elle ne comprenait pas ce mot.
« _ Comtesse Szczeskaya, c’est un terme bien dur pour définir l’aide que nous allons apporter à l’espèce humaine. »
« _Vous appelez ça une aide ? Nous installer un parasite dans la tête ? »
« _ Quelle vision négative vous avez là ! »
La Grande Coordinatrice essayait de prendre ça avec humour.
« _ Nous voyons plutôt ce changement comme un partenariat entre nos deux espèces, une aide mutuelle. »
Irina gardait un visage sombre. Siilla continua.
« _ L’Humanité attendra un nouveau niveau de conscience, le Monde changera. »
Elle regarda la Comtesse.
« _ Les peuples seront unis, plus de guerre, plus de conflit, une grande entraide mondiale pour progresser vers un Monde de Paix. C’est cela, que vous qualifiez d’invasion Comtesse ? »
« _ Au prix de notre libre arbitre, de notre liberté. »
Sadia restait dans un coin, en silence. Son regard était vissé sur Irina.
« _ Les humains n’accepteront jamais. Vous n’avez d’ailleurs pas songé à leur demander leur avis, n’est ce pas ? »
« _ Ils ne comprendraient pas, tout comme vous. Vous êtes déjà asservis, sans vous en rendre compte. Vous pensez diriger vos vies, mais les décisions se prennent sans vous. »
Sadia regardait toujours son amie, extrêmement concentrée. Siilla continuait de parler.
« _ Que ce soit par vos gouvernements, ou votre système financier, ou vos religions… Vous n’avez plus depuis longtemps votre liberté de penser. Cette nouvelle ère balayera ces carcans mentaux, vous serez enfin libérés. »
Siila sourit, comme pour apaiser la Comtesse.
« _ Nous ne voulons que votre bien. Et vous portez déjà vous-même, en votre corps, le résultat d’un métissage extra-terrestre, qui a eu lieu il y a des milliers d’années. »
Elle se pencha, et passa un de ses longs doigts sur le tatouage au cou d’Irina.
« _ Votre race possède déjà de l’ADN extra-terrestre, vos pouvoirs prouvent que vous avez réussi à l’utiliser. »
Irina ne broncha pas, mais sa réponse fut tout aussi glaciale que sa voix cristalline.
« _ Qui êtes-vous pour décider que notre Monde doit changer ? Vous pensez être en droit de diriger nos destins, notre évolution ? De quel droit ? »
Là, pour la première fois, Siilla laissa échapper une pointe d’agacement. Elle voulut répondre, mais fut interrompue par des mouvements à la fois mentaux et lumineux. Elle fit de grands gestes vers un mur. Au bout de quelques secondes, elle se tourna à nouveau vers Irina et Sadia.
« _ Je vais devoir vous demander de regagner vos appartements. Une tâche urgente m’appelle. »
Un garde apparut et accompagna les deux femmes. Siilla leur lança un dernier sourire.
« _ Nous reprendrons cette intéressante conversation plus tard très chère Comtesse. J’espère arriver à vous convaincre. Mais sachez cela : votre Monde a déjà commencé à changer. »

Les deux femmes avancèrent alors dans les coursives de la base, suivie par l’androïde. L’agitation régnait, il se passait quelque chose dehors. Elles restèrent silencieuses, chacune perdue dans ses pensées. Arrivées en haut d’une passerelle, surplombant dix mètres de tuyaux et de machinerie bizarre, Irina se retourna brusquement alors que Sadia se mit à courir sans se retourner. La Comtesse attrapa l’androïde à la poitrine avant qu’il n’ait pu réagir, et alors qu’il tentait de la saisir, elle se jeta dans le vide, allant se fracasser sur le sol en bas.
L’androïde resta perplexe, trop d’informations d’un coup. Sadia avait disparu, et la Comtesse gisait inerte en bas. Il décida alors de descendre récupérer celle que ses capteurs optiques voyaient encore. Mais une fois en bas, il ne trouva rien, à par une tache de sang étalée au sol.
Sadia courait toujours, à en perdre haleine. Irina lui avait expliqué mentalement son plan alors qu’elle conversait avec la Coordinatrice. Son lien avec elle se renforçait de plus en plus, chacune ressentait les sentiments de l’autre. Elles n’avaient à présent aucune difficulté pour se parler en pensées. Elle tomba soudain nez à nez avec la Comtesse et sursauta.
« _ Te voila ! Comment tu vas ? »
« _ Attends… »
Irina portait encore sur son visage quelques ecchymoses qui s’estompaient, et son épaule se remit en place dans un craquement qui vrillait les tympans. Elle gémit.
« _ C’est bon, ça va mieux… »
Elle épongea le sang sur son front avec ses vêtements.
« _ Si c’est pas malheureux, un pull Dior de cette année… »
Elle ouvrit la main.
« _ C’est bon, je l’ai. »
Elle tenait un cristal, qu’elle venait d’arracher au torse du garde. Sadia bondit sur place.
« _On fonce alors ! »

Dans la chambre, Luc échangeait toujours avec les quatre jeunes. Il leur racontait ses aventures avec Sadia, Inoué, Irina, ce qui ne rassurait pas Julie. De leur coté, ils lui expliquèrent comment ils étaient arrivés là, le vaisseau spatial en sous-sol, le crane de cristal… Quand soudain, Sadia et la Comtesse se matérialisèrent dans la pièce.
« _ Ca a marché ! »
« _ Parfait… Mais, c’est qui ça ? »
« _ Euh, ils sont prisonniers, comme nous… »
« _ On n’a pas le temps Irina, les gardes vont débarquer de suite ! On emmène tout le monde ! »
Sadia avait attrapé Luc par le bras.
« _ Tout le monde, tenez nous la main ! »
Julie eut un mouvement de recul, ses yeux étaient rivés sur la Comtesse, qui ne prêtait aucune attention à elle. C’est Théo qui la saisit sans lui demander son avis, et tous disparurent instantanément.
Ils réapparurent dans une grotte, à un niveau inférieur, à l’abri de l’influence des extra-terrestres.
« _ Là, ils ne nous trouverons pas. »
Irina posa alors des yeux surpris sur le groupe de jeunes.
« _ C’est qui ces morveux ? »
« _ Ils sont prisonniers, comme nous. Ils faisaient des recherches sur le site de Buga… truc là. »
La Comtesse eut l’air agacée.
« _ Ils vont nous gêner. On n’a pas le temps de s’occuper d’eux. »
« _ Euh, s’il vous plait… »
Robin venait d’ouvrir la bouche, la Comtesse tourna la tête doucement vers lui, ses yeux pénétrant les siens et lui transperçant le crane.
« _Oui… ? »
« _ Vous êtes… la Comtesse Szczeskaya, réellement… ? »
« _En personne. »
Théo s’avança.
« _ Je m’appelle Théo, et voici Julie, Lola et Robin. Nous explorions le sous-sol de Bugarach, à la recherche de ruines inconnues. »
« _ Et bien vous avez été servis ! Vous aurez des choses à raconter en rentrant… »
Irina finit sa phrase dans sa tête.
« _ Si il y a encore quelqu’un pour l’écouter. »
Elle tourna son regard vers Sadia et lui parla en pensée.
« _ On ne peut pas les faire sortir d’ici, on va être obligés de les trainer avec nous. Ne leur parle pas de mes pouvoirs, surtout pas. »
Sadia acquiesça d’un signe de tête. Irina fit un signe en direction de Luc.
« _ Et explique la même chose à l’autre abruti. »
Les jeunes eux, euphoriques, racontaient ce qui se passait dehors : les prophéties, le grand rassemblement autour du Mont. Dans le même temps, Théo avait sorti le crane de cristal de son sac. Luc ouvrait des yeux ronds comme des billes.
« _ Ben mazette ! Vous avez trouvé ça par ici ? »
« _ Oui. Il était bien caché. On ne s’imaginait pas tomber sur cet artefact ici. »
Irina contemplait le crane.
« _Une légende raconte que ces cranes seraient en fait les ossements d’une race extra-terrestre qui aurait atterrit sur Terre il y a longtemps, et qui se serait mélangée à notre espèce. »
Elle prit délicatement le crane dans ses mains.
« _ Ce qui expliquerait la présence de cette relique ici. Mais bon, ce n’est qu’une légende. »
Le sang qui coulait dans ses veines laissait plutôt croire qu’il y avait un fond de vérité derrière cette histoire. Irina le savait, mais ce n’était ni le lieu ni le moment pour s’éterniser sur cette théorie. Elle rendit le crane à Théo.
« _ Une jolie découverte certes. Mais inutile pour se sortir de là. »
Elle se tourna vers Sadia et lui lança le cristal arraché au garde.
« _ Garde-le avec toi. On a utilisé pas mal d’énergie avec tout ce monde. J’ai l’impression qu’on n’aura plus droit qu’à un seul voyage avec. »
Sadia rangea le cristal dans son soutien-gorge et leva le nez en l’air.
« _ On devra alors remonter à pied, ça ne va pas être simple. »
Luc n’en croyait pas ses yeux. Sadia avait changé. Elle qui était depuis le début perdue et dépassée par les évènements, semblait maintenant si forte, si déterminée.
Un peu à l’écart, Julie ne pouvait pas quitter la Comtesse des yeux. Lola s’approcha.
« _ Arrête, elle va se douter de quelque chose ! »
Julie était terrifiée, et en colère.
« _ Elle a fait assassiner plusieurs de mes sœurs ! Je n’ai eu la vie sauve qu’à la chance ! Je… elle va me le payer… »
« _ Ecoute, je crois pas que ça soit le moment là. »
« _ Je veux savoir pourquoi… »
« _ Pour le moment tu te calmes. Elle ne sait pas qui tu es, alors tu ne crains rien. »
De son coté, Luc s’avança vers Sadia.
« _ Tu vas bien ? »
Sadia soupira.
« _ Ca va, oui. Ca a été un peu éprouvant, mais là, ça va. »
« _ On fait quoi alors ? »
« _ Il faut qu’on stoppe l’invasion. On a prévu de retourner là-bas avec Irina. »
« _ Mais tu es folle ! On ferait mieux de déguerpir d’ici tant qu’on le peut encore ! »
« _ On ne pourra bientôt aller nulle part si on ne fait rien… »
Sadia se remémorait les paroles de la Grande Coordinatrice, et celles qu’Irina lui avait adressées en pensées. Elle avait peur, mais tout lui paraissait clair maintenant, la confusion avait disparu. Ce qui les attendait était effrayant, dévastateur, mais au moins, elle savait. Elle regarda Irina qui faisait les cent pas dans la pièce. Sadia laissa fuir un court instant son esprit. Oui… Ca aussi, c’était clair. La Comtesse perçut furtivement cette pensée, car elle s’arrêta, et leva les yeux soudainement vers Sadia, un sourire attendrissant aux lèvres.
« _ On fait quoi maintenant ? »
Robin avait lancé cette phrase en l’air, n’imaginant pas recevoir une réponse utile. Cela sortit pourtant Irina de ses pensées.
« _ Il nous faut rejoindre les étages supérieurs… la Grande Coordinatrice, c’est elle le centre de contrôle de ce site… »
« _ La quoi ? »
La Comtesse lança brusquement un regard brutal vers Lola qui venait d’ouvrir la bouche, lui enseignant par la même occasion à quel point ce regard pouvait être désagréable. Son exaspération la poussa pourtant à répondre.
« _ La Grande Coordinatrice, gourdasse ! C’est elle qui va ouvrir les portes du Neuvième Inframonde, portes que j’aimerai voir rester scellées à jamais ! »
« _ Et je pense pouvoir vous aider. »
Toute l’assistance se tourna vers la personne qui venait de parler. Dans un coin de la grotte, un être venait d’apparaître. Son corps dégageait de la fumée, Sadia reconnu des blessures physiques et psychiques dans l’aura de la personne, et une grande fatigue. Elle s’étonna elle-même d’être capable de ressentir ce genre de choses. La surprise prit même Irina, qui ouvrit la bouche, en silence, paralysée, écartelée entre l’étonnement et un sentiment désagréable, comme une aiguille de plus qui venait d’apparaitre dans son pied.
Inoué reprit alors la parole, affichant un large sourire, ou se mélangeait la détermination et une intense douleur.
« _ Vous ne voulez pas que votre monde soit envahi, je ne veux pas que mon monde s’ouvre… Je suis votre homme… »

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MessageSujet: Re: Histoire à plusieurs mains.   Jeu 13 Oct - 3:14

A l'extérieur ils découvrirent, absourdis, qu'une lumière rouge émanant du Bugarach envahissait l'air ambiant.
Le comportement des gens qu'ils croisèrent paraissait extrêment étrange
, mais le temps pressait il fallait rejoindre rapidement le repaire d'Inoué, seul endroit où ils seraient en sécurité, ils en avaient tous convenu. Le Pohal les guida vers le lieu de rendez-vous où les attendait un monospace qui les emporta en direction de l'Aveyron dans une ancienne ferme, et ses dépendances fortifiées qui constituaient une vaste propriété à l'écart de la civilisation. La sobriété de l'aménagement des pièces de vie dénotait le peu d'importance accordé à ce lieu. Lol le maître de maison les accueillit chaleureusement et les invita à s'installer. Les quatre amis partageraient la grande chambre de l'aile droite de la maison, Irina, Sadia et Luc occuperaient celle à l'opposé. Inoué et Lol logeaient à l'étage.
Les invités usèrent de l'offre, ils firent un brin de toilette avant de se changer avec des vêtements prévus à leur intention. Ils retrouvèrent peu après le maître de maison dans le living-room. Là, une bonne flambée de chêne crépitait au milieu d'un immense cantou où l'on aurait pu faire rôtir un boeuf entier. Lol convia ses hôtes à prendre place autour d'une grande table dressée pour le souper. Trois serviteurs zélés se présentèrent en proposant divers plats composés de produits de la ferme.

La soirée se poursuivit au sous-sol aménagé en un Quartier Général grouillant d'activité, des Pohals s'affairaient autour d'appareils très sophistiqués. A côté les attendaient une salle de réunion très spacieuse flanquée d'écrans géants qui s'animèrent dès qu'ils passèrent la porte. Des images montraient en boucle l'ampleur de la désorganisation et le blocage de tous les secteurs d'activités y compris celui de l'information. On y apercevait des individus semblables à des zombies errants ça et là sous l'emprise d'une totale obscurité mentale. Surpris par l'étendue du phénomène juste entre-aperçu près du Bugarach, les sept convives demandèrent d'une seule voix : " Que se passe-t-il. "
- "Nous l'ignorons, toutefois nous avons constaté que le Mont Bugarach en est la source, répondit Inoué en se tournant vers les jeunes gens l'air interrogateur. Avaient-ils une idée de la cause dudit phénomène ? Leurs dénégations le surpris à moitié et il écouta avec un intérêt non dissimulé un résumé sur les périgrinations du quatuor. Le récit de leurs exploits à peine terminé, Lol offrit à Théo la possibilité de poursuivre ses recherches sur les idéogrammes de Glozel à l'aide d'instruments qu'il mettrait à sa disposition.

Le Crâne de Cristal intriguait Irina et Inoué. Soudain d'une manière très autoritaire la Comtesse exigea la remise immédiate du Crâne afin de l'étudier sans tarder, elle balaya d'un geste dédaigneux les protestations de Julie exaspérée par sa morgue.
Rapidement Lola l'entraîna hors de la salle, jusqu'à leur chambre. Elle tentait de calmer son amie lorsqu'elle surprit un imperceptible sourire malicieux sur les lèvres de celle-ci. La médium s'apprêtait à lui demander des explications mais elle se contint, la Wiccane venait sans en avoir l'air de lui intimer l'ordre de se taire en utilisant le code secret mis au point par Théo, tandis qu'elles continuaient à jouer leur rôle. Un moment plus tard la tension enfin retombée, les jeunes filles plus détendues bavardaient. Les garçons ne tardèrent pas et firent irruption l'air préocupé.
- Une dure à cuire la Roumaine ! Cracha Robin. Stoïque l'ésotériste évoqua le planing du lendemain et ils se couchèrent.
Le petit déjeuné servit à 6 heures du matin les rassemblait tous. Les regards furibonds de Julie irritaient Irina. Près d'elle Sadia discutait avec Lola. Les hommes échangeaient des banalités histoire de faire connaissance.
Talonné par un Pohal Lol fit son entrée dans la salle à manger en saluant courtoisement ses invités et se dirigea vers Théo, à qui il présenta MDR le technicien qui l'épaulerait pendant ses travaux.
- MDR ? Sans blague ! Il s'appelle vraiment Mort de Rire ? Il n'a pourtant pas l'air de rigoler tous les jours" ! Ironisa Robin, hilare.
- "C'est un diminutif, souligna Lol en souriant. Puis considérant ses hôtes il déclara : "Vous avez quartier libre ce matin, si vous le souhaitez, toutes sortes d'activités sont mises à votre disposition le maître de maison vous renseignera. Cet après-midi dès 14 heures nous tiendrons une scéance pendant laquelle nous envisagerons ensemble une stratégie défensive contre nos ennemis communs, en attendant distrayez-vous !
De son côté Théo suivit MDR jusqu'au sous-sol, Irina et Inoué devaient examiné le Crâne de Cristal, le reste du groupe choisit d'aller se prélasser sur la terrasse dominant la campagne et les bois. A la vue de ces derniers Robin décida d'aller y faire un tour histoire de se dégourdir les jambes et peut-être trouver des champignons. Luc emballé à la pensée d'une bonne omelette l'accompagna sans hésiter. Les trois filles souhaitaient papoter et faire plus ample connaissance, une sympathie réciproque les rapprochaient. Sadia leur confia les circonstances l'ayant amenée jusqu'à la base des Erytariens. S'ensuivit ensuite un échange de questions-réponses entre les jeunes filles, puis Julie enchaîna sur leur périple depuis leur arrivée au pied du Bugarach en se gardant bien de révéler l'essentiel.


Le scanner photographiait les idéogrammes et les transmettait instantanément à un surprenant ordinateur. MDR excellait dans la manipulation de la machine, Théo admiratif surveillait à l'écran les retouches apportées par le Pohal sur le contour des idéogrammes en trois dimensions. Le travail fini l'ésotériste les rassembla sur une même page, il put les faire pivoter ou basculer à son gré. Depuis une heure il s'échinait à essayer d'en comprendre le sens mais il se rendit compte de l'inutilité de ses efforts, découragé il remonta au rez-de-chaussée espérant trouver de l'inspiration auprès de ses amis.

Seule dans la salle à manger, un journal étalé sur la table, Lola désoeuvrée sirotait du thé en grignotant un biscuit. Son regard inquisiteur se posa sur la mine défaite de Théo qui portait un petit plateau garnit d'une grande tasse de café et d'une corbeille de croissants, il s'installa face à elle.
- Un petit encas et un moment de détente me réconforteront, reconnu-t-il.
-Quel est le problème ?
Rassuré de trouver une oreille compatissante il confessa ses craintes d'échouer si près du but, il fit le détail des difficultés rencontrées pendant qu'il avalait le premier croissant. Il continua. "Les Runes indiquent le procédé favorisant le décriptage mais ça ne mène à rien !
- C'est insensé ! Argua la médium. As-tu relu le message ? Une broutille a pu t'échapper.

Il envisagea d'abord la suggestion puis reposant sa tasse il dit . "Je reviens aussitôt. Et il courut illico chercher ses feuillets. Il revint haletant et les éparpilla sur la table.
- Cette idée de les construire en 3D me fait penser à notre monde -qui est en trois dimensions-. C'est bien ça ?
Le nez penché sur ses notes et l'esprit très concentré Théo capta tout de même quelques bribes de la phrase prononcée par son amie. Vaguement des mots résonnaient encore dans sa tête mais il ne pouvait dire ce qui avait piqué sa curiosité. "Veux-tu s'il te plait répéter ce que tu viens de dire ?
- Quoi ?
- "Je n'ai pas bien entendu ta question, repose-la moi.
- D'accord, répondit Lola en s'exécutant.
Cette fois très attentif à ses paroles un concept prenait lentement forme. Elle décelaitsur son visage la progression de ses cogitations.
Subitement son visage s'illumina."Ouii ! Ouii ! Je la tiens... Je la tiens ! Tu es fantastique Lola tu m'a donné la solution ! Il l'attrapa et l'embrassa bruyamment. Son expression éberluée le fit sourire, saisissant sa main il l'emmena à sa suite avant qu'elle n'eut le temps de prononcer un mot. Ils descendirent au sous-sol et pénétrèrent dans la petite cabine où MDR attendait placidement. Théo définissait son idée tandis que le Pohal surfait avec une dextérité inégalée sur le clavier digital et entrait les données nécessaires à la construction du projet.
En attendant la médium compulsait le carnet de son ami. Parmi les Runes recopiées un triangle insignifiant détonnait. Elle releva la tête perdue dans ses pensées et elle réalisa que derrière la large baie vitrée qui les séparait d'une salle très spacieuse, l'écriture de Glozel prenait forme, sur une plateau démesuré.
L'ésotériste s'approcha. - Etonnant ! Non ? Grâce à toi j'ai trouvé l'unique moyen de décripter les idéogrammes. En évoquant la tridimensionnalité de notre monde tu m'as indiqué la voie à suivre, et après nous avons réussi à concrétiser la directive donnée dans le message Runique. Allons voir le résultat de plus près !
Ils firent le tour de la scène admirant les symboles transformés en hologrammes de deux mètres de haut. Lola lui demanda si la traduction en serait réellement facilité.
- Je l'espère, concéda-t-il.

Cependant le temps passait et la lecture restait lettre morte, le moral au plus bas il envisageait d'abandonner, sans se démonter Lola souffla. "J'ai repéré un triangle parmi les Runes en connais-tu la signification" ?
Le garçon désarçonné répondit : "Heu... Non... Je n'en vois aucune à mon grand regret". En es-tu vraiment certaine ?
-A vrai dire il me rappelle la pyramide et l'hologramme qui s'anima dans la salle du Crâne.

Le rapprochement fait par son amie le prit au dépourvu puis il se frappa le front du plat de la main en se qualifiant de crétin. "Où avais-je la tête ? Reconnu-t-il. Je comprend où tu veux en venir..."
Il rejoignit précipitament MDR, peu après les idéogrammes devinrent irisés comme des arcs-en-ciel. "Qu'en penses-tu" ? Dit-il alors qu'il revenait vers elle.
- Le triangle m'a mise sur la piste, sa présence inopinée dans le texte Runique n'est pas anodine à mon avis. Confia-t-elle.
- "C'est à toi maintenant Lola de jouer ton rôle de médium, tu es semble-t-il la seule personne capable de percevoir ce qu'ils ont à nous révéler. "Tu t'en doutes j'imagine". Grimpons sur le plateau tu pourras ainsi capter directement leurs sens que je noterai au fur et à mesure".
Lola caressait les symboles constitués à la fois de matière et d'onde lumineuse qui vibraient sous ses doigts et libérait les messages qu'ils contenaient...


Le Maître Crâne fut soumis à toute une batterie de tortures pour lui faire avouer tous ses secrets. Inoué le plaça à l'intérieur de machines abracadabrantes, inconnues sur Terre. De très puissants électrochocs suceptibles de pouvoir griller instantanément le cerveau d'un être humain ne purent venir à bout de sa résistance. Il demeurait muet comme une carpe. Irina rouge de colère trépignait, impuissante. Inoué se délectait de ce spectacle ahurissant. Elle émit l'idée saugrenue de lui injecter de pentotal, le sérum de vérité.
"Elle a pété un cable" Songea-t-il. "La situation se complique, il sera bientôt temps de se débarasser de cette furie...
Mais la Comtesse avait de la ressource et se reprit miraculeusement l'air de rien. Sa voix devenue suave annonça : "Je vais voir où en est le bleu." Sans plus de cérémonie elle le planta là.

Confortablement installés sur la terrasse, Julie, Lola, Sadia et Théo bavardaient joyeusement en attendant l'heure du déjeuner. L'irruption soudaine d'Irina jeta un froid glacial, à sa vue Julie ne put réprimer un hoquet nauséeux. "Te voilà enfin gamin" ! Constata la Comtesse sans se soucier un instant des autres. "Qu'as-tu découvert" ?
Pris de court Théo hésita à satisfaire sa curiosité. Pressé de questions il se soumit à la volonté de cette femme au caractère bien trempé. Il lui révéla tout penaud, n'avoir pu atteindre jusqu'à présent l'objectif qu'il s'était fixé mais qu'il ne désespérait pas d'y parvenir un jour prochain.
Un rire dément sortit de la gorge de la Comtesse. "Quelle idée ai-je eu d'espérer un semblant d'intelligence chez un abruti pareil" ! Rugit avec une surprenante férocité Irina qui s'éloigna en riant à gorge déployée.
Sadia désolée se confondit en excuses avant de la rejoindre.
"Une brave fille tombée sous la coupe de Cruella ! Je n'en reviens pas commenta Julie.
- L'amour !
- Drôle d'idée ! Commenta la Wiccane.
- Les sentiments de ces deux femmes sautent aux yeux, affirma Lola convaincue."
Théo se rangea à son avis et rajouta : "Ta haine fausse ton jugement Julie."

Au loin les silhouettes de Robin et de Luc se détachaient à la lisière du bois. L'ésotériste les repéra et bondit vivement de son fauteuil. "Venez les filles ! Ils ont besoin d'aide."
Parvenu à leur hauteur, hors d'haleine il souffla à l'oreille de son ami ("Nous devons parler discrètement, rendez-vous à 16 heures") pendant qu'il le soulageait d'un sac rempli de champignons.
De retour à la ferme ils envahirent la cuisine, le trio grattait et coupait les bolets, les deux baroudeurs s'improvisaient cuisiniers, les cèpes voltigeaient dans les poêles, les oeufs frais pondus se faisaient battrent en omelette ou finissaient accompagnés de pommes de terre rôties et aillées.

"Huumm... Un vrai régal soupirèrent les convives. Les Pohals épatés se pourléchaient les babines, Irina apprécia à sa juste valeur le tour de main.
Le repas à peine achevé s'ensuivit la réunion. La Comtesse échaffauda une stratégie incompréhensible. Inoué s'y perdait aussi. Une bataille de tactique s'engagea entre-eux. Luc et les quatre amis s'éclipsèrent en douce à l'air libre. Les filles comptaient aller chercher des champignons, les garçons peu emballés finirent par céder à leur prières, sacrifiant une initiation au tir à l'arc. La limite de la propriété loin derrière, Robin fit stopper la troupe.
- Ce matin nous avons repérer et vérifier qu'il n'y ai aucun système d'espionnage dans le coin, en prévision d'une rencontre confidentielle. Nous pouvons discuter librement, je laisse à Luc le soin de se présenter et de vous communiquer "des informations de la plus haute importance."

- J'appartiens à un commando des Services Spéciaux en charge de la Sécurité du Territoire. Ma mission consiste à dépister les membres d'un réseau ultra-secret "Les Planificateurs Invisibles"(1) la Comtesse adhère à cette organisation. Mi-droïde mi humaine, génétiquement modifiée, elle est devenue une terminator, en quelque sorte. Un cadeau de ses employeurs. Une poignée d'individus pouvant voyager dans le temps et manipulant des faits historiques passés afin d'obtenir à présent des effets permettant d'asseoir leur supériorité et leur pouvoir. Une étroite surveillance des Services Spéciaux s'exerce sur certains d'entre eux depuis des décennies. Les dernières frasques d'Irina prouvent l'iminence d'une action de grande envergure.
La supposée invasion des Erytariens sera prétexte à une attaque qui couvrira une succession d'assassinats perpétrés pendant l'assaut contre ces êtres.
La Société secrète -Les Planificateurs Invisibles, auteurs d'une conspiration à l'échelle internationale, souhaitent "nettoyer la place" avant de s'installer aux commandes de la planète, de détruire les trois quarts de l'humanité, et d'asservir complètement les survivants. Voilà la situation à laquelle nous sommes confrontés".
Une question taraudait Théo. - Pourquoi nous fais-tu confiance ?
- Vous êtes épargnés par la vague d'obscurité mentale, vous avez donc un rôle essentiel à jouer. Les Pohals, Irina et consorts le sont parce-qu'ils ne sont pas humains où ne le sont plus tout à fait. Sadia a subit une modification génétique à son insu lors d'une cérémonie Wiccane à l'aide d'un cylindre conçu spécialement à cet effet. La Comtesse a conçu ce piège servant à recruter sournoisement.
"Des dizaines de femmes et d'hommes ont succombé, ses essais sur moi ont échoué, je suis devenu de ce fait un homme à abattre, mais l'amitié de Sadia me protège provisoirement. Irina évite de lui déplaire car elle est une pièce importante de la guerre non avouée, la confrontant à Inoué."
A son tour, Julie fournit son lot de renseignements sur la Sorcière des Balkans...

- Nous cernons mieux notre ennemie", se laissa tenter de dire Luc. "Tu auras fort à faire face à Irina, elle te pulvérisera sans doute" !
- Je m'y attends et je suis prête. Ma vengeance sera terrible ! Rétorqua la Wiccane. "Sa suffisance quand à sa puissance demeure son principal "Pied d'Achille".
-On te soutiendra dans les épreuves la rassura Robin, puis s'adressant à Théo. "As-tu réussi à faire "parler" les idéogrammes ?
- A dire vrai...... Je ne.....
- Vas-y racontes, ne t'inquiètes pas, Luc est de notre côté je m'en suis assuré.
Julie s'en mêla. "On se fie à ton jugement Robin".
- Ok ! Puisque vous le dites. Il fit un bref résumé sur le décriptage effectué. "Ils indiquent le fonctionnement du Maître Crâne et des 12 autres Crânes de Cristal. Ils dévoilent également que seules quatre personnes au monde peuvent activer la mémoire des 13 Crânes. Ces élus sont des quadruplés astrologiques. Ils naquirent le 28 octobre 1991 à la même heure, aux quatre coins cardinaux de l'hexagone..."
Jusque là silencieuse Lola décréta : "On doit récupérer le Crâne !"


Des éclats de rire et de voix annonçaient le retour des jeunes gens heureux de rentrer les sacs pleins de cèpes. Sur le perron la Comtesse les attendait furieuse, tel un ouragan elle fondit sur théo. "Où es-tu passé ? Tu t'amuses quand le travail t'attends" ! Cria-t-elle exapérée. "Petit intello du dimanche" !
- "Je n'ai pas de compte à vous rendre. Demain il fera jour ! Vous vous êtes gausé de l'utilité des symboles de Glozel et tout à coup il devient impératif à votre avis de les traduire sur le champ. Vous vous moquez Madame" !
"Avez-vous examinez notre travail ? Avez-vous essayer de déchiffrer les hologrammes ?
- Je n'y ai rien compris... Répondit-elle contrite.
Sans se démonter il rechaussa ses lunettes et lui assena froidement : "Vous êtes une intellectuelle à la petite semaine Madame !
Estomaquée, blémissante, par tant d'aplomb elle s'apaisa instantanément en lui faisant un sourire ravageur. Le coup de foudre l'avait saisi. Le regard énamouré qu'elle posait sur lui les laissa tous interdits.
(Lorsque les Pohals s'ennuyaient ils se repassaient en boucle la cassette vidéo de surveillance de cet épisode désopilant. Ils en étaient morts de rire !).

L'entrain des jeunes se communiquaient aux habitants de la maison, chacun contribua un peu à la préparation de la cueillette en un délicieux plat et le reste fila dans la chambre froide. La soirée s'acheva agréablement.
La fatigue grignotait l'énergie des filles et de leurs compagnons qui se retirèrent en vue d'une bonne nuit de sommeil réparateur. Sadia et Irina ne s'attardèrent guère non plus.

Les deux amantes allongées côte à côte sur le lit se projettèrent hors de leurs corps et s'éloignèrent en direction du refuge de la Comtesse hors d'atteinte de tout espionnage psychique. Impatiente Irina en vint directement au but.
- Nous devrons rester sur nos gardes après l'attaque prévue contre les Erytariens, Inoué nous refroidira à la moindre occasion. As-tu réussi à collecter des renseignements sur la Bande des Quatre ?
- Ils sont très sympathiques, tout à fait inoffensifs, ignorant les tenants et les aboutissants des principaux évènements en cours.
- Je les jugeais "potentiellement dangereux" puisqu'ils détiennent ce Crâne mais leurs cerveaux n'ont rien d'extraordinaire se sont de banals gamins insouciants, d'une stupidité sans borne."
La sentence de la Belle Comtesse des Balkans était irrévocable.
La situation clarifiée elles se consacrèrent à échaffauder un scénario visant à provoquer l'élimination d'Inoué et de ses Pohals.
Avant l'aube ils retrouvèrent Luc au petit déjeuné. Robin remercia le Maître de maison et Inoué pour leur hospitalité et les avertis de leur départ. Nullement surpris de cette décision Lol mit à disposition un moyen de transport pourvu d'un chauffeur.


Le rougeoiement du Bugarach rayonnait sans faiblir, la vie bruissante du campement ne résonnait plus, des femmes, des hommes à l'air hagard erraient de-ci de-là rendant l'atmosphère effrayante. Le quatuor reprit possession de sa caravane, la poursuite de la tâche à accomplir devait se faire près du Mont en toute discrétion vis à vis de ceux qui se terraient sous la montagne.
Le petit groupe consacra une partie de la journée à concevoir l'élaboration de la principale étape menant au scénario final. A l'aide d'une carte du site Lola localisa au Sud-est un secteur suceptible de convenir à l'accomplissement de la mission. Robin se rappela avoir remarquer un coin correspondant aux critères recherchées, sans attendre les quatres amis se rendirent sur les lieux proches de la grotte, du Crâne de Cristal Noir.
Dans une minuscule clairière entourée de chênes et de buissons, ils distinguaient un monticule recouvert de mousse légèrement dissimulé par des herbes. En s'avançant la forme se précisa, une pierre plate et circulaire d'environ 40 à 45 centimètres de diamètre reposait sur un socle rocheux. Les garçons rasèrent l'herbe à l'aide de coutelas et dégagèrent ainsi le petit plateau de lauze. La préparation du terrain terminée ils rentrèrent satisfaits d'avoir dénicher l'endoit parfait.

La journée tirait à sa fin il était temps de dîner. Une copieuse paëlla et un appétissant gâteau de semoule au chocolat contenteraient les appétits voraces, ensuite ils visionnèrent sur l'ordinateur les séquences discrètement enregistrées via les portables lors du séjour chez les Pohals. A l'écoute des conversations les intentions des différents protagonistes se dessinaient.
- De nouvelles mesures devront être appliquées" Consentit Théo
- Nous verrons tout cela demain, la nuit porte conseil. "Allons dormir", proposa Robin.

Tôt le lendemain matin, ils adaptaient un stratagème aux récentes circonstances. Lorsque le soleil fut au zénith ils parvenaient à la clairière, Théo déposa le Maître Crâne sur la pierre ronde, ils s'assirent autour d'elle, à environ un mètre de distance aux quatres points cardinaux, là où chacun avait vu le jour. C'est à dire : - Lola au nord, - Robin à l'est, -Théo à l'ouest. - Julie au sud.
La Wiccane commença l'évocation, ses amis reprirent en coeur, soudain jaillit entre le Crâne Noir et ses Elus... Une ronde d'onde lumineuse, turquoise, dans laquelle se matérialisèrent 12 Crânes de Cristal, d'une pureté incomparable qui se mirent à tourner lentement dans le sens des aiguilles d'une montre tandis-que les Elus décollaient légèrement du sol et démarraient en sens inverse au même rythme.

Une puissante formule Magique s'éleva.

"Ihono..Wanaha.. Ixahal.. " Entonnèrent les filles.
"Avhne.. Télésare.. Jaltre.." répondirent les garçons.

L'envoûtante mélopée déclencha l'apparition d'une luminescence à l'intérieur du Maître Crâne.
Les yeux clos, prêts à recevoir des secrets millénaires dévoilés par le Treizième Crâne connecté à ses semblables. Des séries d'images défilaient sur la toile de leurs esprits, accompagnées d'une voix mentale.
- "Les symboles de Glozel sont les dernières traces de notre très ancienne civilisation terrestre composée d'un unique peuple les Oanes, ascensionnés il y a des centaines de milliers d'années. Nous surveillons toujours notre planète d'origine, la Terre. Nous vous avons laissé en héritage les Treize Crânes de Cristal, dotés de messages enregistrés qui vous permettront de comprendre et vous aideront à vous protégez contre la venue de créatures indésirables, et de vous échapper de l'emprise totale de ces envahisseurs dont le but final est d'anéantir l'humanité.

Vous devriez impérativement investir le vaisseau Erytarien, qui est le noyau d'énergie, pour que s'accomplissent les évènements indispensables à la mise en marche du processus final aboutissant au déclenchement de l'énergie capable de transformer l'humanité et d'erradiquer des forces monstrueuses et leurs alliés humains. Votre présence dans l'astronef et votre envie d'essayer les cocons furent détermimant au bon déroulement de votre mission. L'obscurité mentale régnant sur Terre provient de la source d'énergie du vaisseau.

L'onde du Neuvième et dernier Inframonde accélère l'évolution sprirituelle des Terriens. Le Neuvième Inframonde ne peut en aucun cas devenir la propriété de quelqu'un, il s'agit d'un processus pas d'une chose ou d'un monde à envahir. Les Ethnies non terrestre ne sont pas concernées et s'exposent à de grave conséquences de vouloir en profiter d'une manière ou d'une autre.
Les Lumaniens, gardiens d'une porte des Etoiles, pourront en bénéficier s'ils le souhaitent.

............


(1) Les Planificateurs Invisibles- Une théorie soutenue par Roch Saüquère, directeur de publication de la revue -Top-Secret. (Note de Lilith 168)









Dernière édition par Lilith 168 le Dim 16 Oct - 16:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire à plusieurs mains.   Dim 16 Oct - 15:04

Le 28 octobre, au petit matin.
Irina ouvrit les yeux.
Elle se dressa soudainement, comme si elle avait été réveillée en sursaut.
« _ Sadia, lève-toi. »
A coté, Sadia ronflait dans le lit.
« _ Lève-toi je te dis ! »
Elle sursauta. Irina avait déjà bondit hors du lit et s’habillait.
« _ Qu’est ce qui se passe ? »
« _ Viens, dépêche toi ! »

Deux minutes plus tard, les deux femmes dévalaient les escaliers du grand salon. Lol leva vers elles un regard surpris.
« _ Déjà debout mesdames ? »
« _ Où il est ? »
« _ Maitre Inoué est en bas, si vous voulez… »
« _ C’est bon, j’y vais ! »
La voix de la Comtesse claquait, frappant les murs et rebondissant dans la pièce. Elle était furieuse. Sadia essaya de la calmer.
« _ Qu’est ce qui t’arrive Irina ? Tu es toute bizarre ce matin. »
« _ Non mais tu ne sens pas Sadia ? Tu ne sens rien ? »
Sadia resta un moment silencieuse, tentant de comprendre.
« _ Il n’y a rien qui te gêne Sadia, tu ne sens rien ? »
Alors Sadia perçut. Elle ouvrit des yeux effarés et posas ses mains sur son visage.
« _ Oh mon dieu… »
« _ Oui, c’est ça. »
« _ Le… C’est comme… »
« _ Comme quand on était dans le Neuvième Inframonde. Ca rayonne autour de nous, partout… »
Sadia n’y comprenait rien. Ou au contraire, elle avait peur d’avoir très bien compris.
« _ Le passage est ouvert… »

Peu après, Irina fit irruption au sous-sol.
« _ On a un gros problème Inoué ! »
« _ Je sais, le crâne a disparu. »
Irina s’arrêta net et blêmit.
« _ Oh non, ils ont… »
« _ Oui, les jeunes sont visiblement revenus en douce, et partis avec ce matin. »
« _ Et ils ont ouvert le passage… »
La Comtesse se tourna soudainement vers des cristaux posés sur la table.
« _ Les téléporteurs, ils sont rechargés ? »
« _ Oui, ils fonctionnent. »
« _ Parfait, on retourne sous le Mont alors ! »
« _ Mais on n’a pas de plan ? »
« _ On n’a pas le temps d’en avoir. »
Sadia déboula alors dans le labo.
« _ Je ne trouve pas Luc ! »
« _ Quoi, lui aussi ? »
« _ Il faut qu’on y aille, maintenant ! »


Irina, Sadia et Inoué se rematérialisèrent dans le sous-sol de Bugaragh, dans les conduits menant à la base des Erytariens. Irina était impatiente et semblait vouloir en découdre tout de suite. Inoué l’arrêta en l’attrapant par le bras.
« _ Quoi ! »
« _ N’allez pas plus loin chère Comtesse, au-delà de cette limite, vous ferez réagir les détecteurs. »
Elle acquiesça en râlant. Inoué s’approcha de l’entrée du couloir. Il n’aimait pas la Comtesse, il aurait préféré qu’elle ait été supprimée depuis longtemps. Mais là, c’était la seule alliée d’importance qu’il avait.
« _ Je vais y aller moi, je peux brouiller leur signal. »
« _ Et ensuite ? »
« _ Je me rendrais au poste de contrôle et je couperai le système de sécurité. »
« _ Et on le sait comment, nous ? »
Inoué sourit.
« _ Vous le verrez bien. »
Et il bondit dans le couloir, laissant Sadia et Irina en train de trépigner.

Dans le vaisseau.
Les quatre jeunes avaient réussi à trouver le poste de commande. Ils trifouillaient les boutons, tentaient de déclencher un quelconque mécanisme, sans succès. Julie, elle, avait trouvé ce qui semblait être une ancienne armurerie. Elle se promenait à présent avec une espèce de lance sur l’épaule.
« _ Cesse de jouer Julie. »
Au bout d’une demi-heure, ils cherchaient toujours.
« _ Mise en marche du processus qu’elle disait… quel processus ? Il n’y a rien ici ! »
« _ Calme toi Théo, on va trouver. »
Lola, dans une pièce voisine, cherchait sous une console. Soudain, elle entendit un bruit. Des pas… Doucement, elle saisit le premier objet qui lui tomba sous la main, un bout de bois brisé qui avait du servir à un meuble par le passé. Le plus furtivement possible, elle se glissa sous la console. Il y avait quelqu’un dans la pièce. Elle contourna un fauteuil, bondit et frappa.
« _ Aie ! »
L’intrus se trouva projeté contre la console, elle leva le bâton à nouveau.
« _ Eh ! Stop ! C’est moi ! »
Lola reconnut alors Luc, qui se tenait le haut du crâne. Elle posa ses mains sur sa bouche, confuse.
« _ Oh pardon ! Désolée ! Je voulais pas… »
Le reste de la troupe débarqua en trombe dans la pièce.
« _ Qu’est ce qui se passe ? »
Lola bondissait sur place.
« _ Là, c’est Luc, je… je lui ai tapé dessus… Je savais pas… »
« _ Ca va, ça va, c’est bon. J’en ai vu d’autres… »
« _ Mais, comment es-tu arrivé là ? »
« _ Je me suis dit que vous auriez besoin d’un coup de main. Je vous ai vu partir ce matin, avec le crâne. J’ai tout de suite compris que vous aviez préparé un truc en douce. »
Luc regarda alors autour de lui.
« _ On cherche quoi ? »

Peu après, tout le monde était réuni sur la passerelle du vaisseau. Luc n’avait pas l’air de mieux s’en sortir.
« _ Avoir un Pohal avec nous n’aurait pas été inutile. »
« _ certes, mais j’ai pas confiance en eux. »
Soudain, Robin activa enfin un mécanisme. Une lumière sortit d’une boule au centre de la pièce et illumina le plafond.
« _ C’est quoi ça ? »
On distinguait des parois rocheuses, déformées par la courbure du plafond.
« _ C’est comme une caméra extérieure on dirait. »
Robin bougea les mains sur la boule, le champ de vision se déplaça.
« _ C’est marrant ce truc. »
« _ Arrête de faire l’enfant. »
« _ Attends stop ! »
Théo venait de bondir, Robin s’arrêta net.
« _ Là, regardez ! »
Sur la projection au plafond, on voyait sans peine dans une cavité de la roche Irina et Sadia assises, en train d’attendre.
« _ Oh non… elle est là aussi… »
« _ Elle va tout foutre en l’air ! »
« _ Cette sorcière… »
Julie serrait instinctivement la lance dans ses mains.
« _ Je vais lui faire la peau ! »
Elle tourna les talons et se précipita vers la porte.
« _ Attends Julie ! »
« _ Julie ! »
Luc courut alors pour la rattraper.
« _ Je viens avec toi ! »
« _ Ne tente pas de m’en empêcher, je dois venger mes sœurs ! »
Il l’arrêta net en la saisissant au bras.
« _ Je n’en ai pas l’intention. Mais ne fais pas de mal à Sadia. »
Julie le regarda droit dans les yeux, on sentait de la détermination sur son visage.
« _ C’est Szczeskaya que je veux ! Fais ce que tu veux avec sa copine. »
« _ Je t’accompagne. »

Dans la grotte. Irina n’en pouvait plus d’attendre. Elle marchait sans cesse, oppressée par les vagues d’énergie invisibles qui s’échappaient du passage ouvert. C’était pour bientôt. Sadia, elle, était plus calme, mais elle ressentait la colère de son amie comme si c’était la sienne. Elle avait tenté de la rassurer en la prenant dans ses bras, sans succès.
« _ Si dans cinq minutes, il n’a pas… »
« _ Allons Irina, patience. »
Sadia se promenait dans le fond de la grotte. Irina restait plantée devant l’entrée du couloir.
« _ Patience, tu es marrante toi ! J’enrage de ne rien pouvoir faire, alors que toute notre planète est en danger. »
Un bruit sourd au fond de la grotte l’interrompit. Irina se retourna, cherchant son amie.
« _ Sadia ? Sadia qu’est ce qui se passe ? »
Pas de réponse, les ténèbres envahissaient son champ de vision.
« _ Sadia ? Eh Sadia ? »
Aucune trace de son amie. Qu’est ce qui se passait ? Elle avança prudemment au fond de la grotte, et ferma les yeux. Elle chercha l’esprit de son amie.
« _ Où es-tu… ? »
Elle n’eut pas le temps de finir sa pensée qu’une douleur affreuse la ramena à la réalité. Elle pencha la tête sur son torse. Une large pointe la transperçait, déchirant sa cage thoracique. Elle essaya d’articuler un son, mais elle arriva juste à hoqueter du sang. Dans son dos, Julie tenait fermement la lance.
« _ Tu vas avoir du mal à te régénérer, c’est moi qui te le dit ! »
Colonne sectionnée, sternum brisé, Irina versait son sang sur le sol. Elle tomba à genoux. Sa bouche s’ouvrait pour essayer de collecter un quelconque souffle, en vain.
« _ Tant que tu as ça à travers du corps, tu ne peux pas te défendre ! »
Julie fit un mouvement de poignet qui arracha un hurlement à Irina. Elle essaya d’articuler une phrase, malgré la lame qui lui bloquait la respiration.
« _ Qu’est ce que tu fais… idiote… »
Un autre mouvement la fit hurler à gorge déployée.
« _ Je venge mes sœurs espèce de salope ! »
Irina essayait de reprendre son souffle, sans succès.
« _ Tes sœurs… qui ça… tes sœurs… ? »
« _ Les Wiccanes ! Toutes celles que tu as faites assassiner ! »
La Comtesse comprit d’un coup.
« _ Tu… tu es… »
« _ Oui ! C’est moi, celle que tu as loupé ! »
Julie tenait fermement la lance, prudente, immobilisant la Comtesse.
« _ Une Wiccane qui t’en veut à mort ! »
Elle sortit d’un coup la lance du corps de la Comtesse, lui arrachant un autre cri de douleur. Elle tourna rapidement autour de la femme à genoux d’un mouvement circulaire, et planta la lance à travers la poitrine d’Irina, qui eut à nouveau le souffle coupé par la lame.
« _ Tu as beau être très forte, je sais que je peux te tuer ! Luc nous a dit ce que tu étais ! »
Irina leva difficilement la tête vers Julie. Elle avait beau être résistante, là, elle avait mal, et la vue qui commençait à se brouiller.
« _ Luc… qu’est… qu’est ce qu’il a… à voir… celui là… ? »
« _ Il nous a dit que tu n’était qu’une machine génétique ! Tu ne pourras pas te guérir cette fois-ci Szczeskaya ! »
« _ Une machine… ? Qu’est ce que tu racontes… je ne suis pas… »
« _ Arrête de mentir ! »
Julie enfonça la lame plus loin, la Comtesse tenta de pousser un cri, mais sa voix fut étranglée par le sang qui jaillissait de sa bouche.
« _ Y’en a assez de tes mensonges ! On sait que tu fais partie d’une société secrète qui veut contrôler la planète ! »
La Wiccane retira brutalement la lance, Irina s’écroula en avant. Elle tenta de reprendre son souffle.
« _ De… de quoi tu parles… ? »
« _ C’est Luc qui nous mis au courant. »
« _ Luc… cet… »
Irina releva alors la tête, difficilement. Julie fut surprise. Jamais elle n’avait vu cette expression sur le visage de la Comtesse. Elle qui avait toujours montré de l’arrogance, du mépris, elle affichait une expression de peur, et de surprise.
« _ Il a… je ne sais pas… ce qu’il vous a dit… Mais c’est faux… Je ne suis pas une machine… Il n’y a pas… de société secrète… »
« _ Tu me fatigues ! »
Julie plongea à nouveau la lame, dans le dos cette fois-ci. Irina ne put finir sa phrase.
« _ Pourquoi tu voulais nous tuer ! Hein, pourquoi ? »
Elle retira la lance. Irina s’effondra, toussant et crachant son sang au sol.
« _ J’attends ! Pourquoi tu voulais nous tuer ! »
La Comtesse essayait de reprendre son souffle. Ses blessures guérissaient, mais beaucoup trop doucement. Il lui aurait fallu des heures pour s’en remettre.
« _ Tu… toi et les autres… l’une d’entre vous était une clé… »
« _ Une clé ? De quoi tu parles Szczeskaya ? »
« _ Une clé… pour ouvrir le Neuvième Inframonde… Une Wiccane était nécessaire pour l’ouverture… Je ne savais pas laquelle… j’ai essayé des les éliminer… parce que c’était une menace… »
Julie ne comprenait pas ce qu’Irina racontait. Elle planta à nouveau la lance, laissant exploser sa colère et se défoulant sur la Comtesse.
« _ Quelle menace ? De quoi tu parles ? »
Irina gémissait.
« _ C’est trop tard… de toutes façons… J’ai pas eu… »
Elle arriva à esquisser un petit sourire, à la fois de douleur et de dépit.
« _ Je me suis faite avoir… moi aussi… Comment je n’ai pas compris… »

A bord du vaisseau, Luc rejoignit la passerelle, portant Sadia inconsciente.
« _ Qu’est ce qui s’est passé ? »
« _ J’ai du l’assommer pour l’emmener. »
« _ Et Julie ? »
« _ Elle règle ses comptes avec la Comtesse. »

Cependant, dans la base Erytarienne. Inoué se glissait de couloir en couloir, utilisant parfois des conduits d’aération pour se cacher et éviter des patrouilles d’androïdes. Il atteignit sans problème le centre de surveillance. Il jeta un œil par l’entrebâillement de la porte.
« _ Une, deux, trois personnes… Ca va… »
Il fouilla dans sa poche, et en sortit une petite bille de verre. Il l’envoya rouler au centre de la pièce. La bille buta sur un fauteuil avec un petit son métallique. Un des occupants entendit le bruit, et ramassa le petit objet, interloqué. Il n’eut pas le temps de comprendre ce que c’était qu’une lumière éblouit toute la pièce, dans un flash d’une demi-seconde. Inoué entra juste après, enjambant trois corps calcinés fumant.
« _ Pratique ces petites inventions. »
Il se tourna vers les panneaux de contrôle.
« _ Bien, faisons péter tout ça, et déguerpissons ! »

Dans la grotte.
« _ Julie… je ne sais pas… ce que Luc vous a raconté… mais il vous a menti… »
Irina reprenait son souffle. Elle était allongée sur le ventre, tellement amochée qu’elle n’arrivait plus qu’à ramper, difficilement.
« _ Même moi… je n’y ai vu que du feu… comment a-t-il pu… ? »
« _ Tais toi ! Tu ne te sauveras pas ainsi ! »
Julie se tenait derrière elle, faisant des mouvements nerveux avec la lance, la tournant autour de son corps en de larges cercles. Irina agonisait.
« _ Ecoute moi… Sadia… elle est en danger… vous êtes tous en danger… Vous avez ouvert le passage… J’avais tout sous la main… et je n’ai pas compris… que vous étiez une partie de l’énigme… »
Elle sourit, tremblant de douleur.
« _ Mon erreur… vous avoir mésestimés… »
Malgré les blessures, la voix de la Comtesse gardait tout son aspect cristallin, une voix glaciale et parfaite. Mais Julie n’écoutait plus. Elle avait assez attendu. Irina était là, devant elle, à sa merci, il fallait en finir.
« _ Je vais te faire taire à jamais sorcière… »
Irina Essaya de se redresser, elle n’y voyait presque plus rien, elle avait perdu trop de sang. Elle semblait chercher quelque chose du regard.
« _ Sadia… où es-tu Sadia… ? »
Julie fit tournoyer la lance au dessus de sa tête.
« _ Crève ! »
La lame se planta dans la nuque d’Irina, ressortant par sa gorge. Son regard se vida d’un coup, alors qu’elle ouvrait la bouche en grand. Elle se figea instantanément, ses membres retombèrent, inertes. Julie tremblait, ses yeux se remplissaient de larmes incontrôlées. D’un mouvement sec, elle retira la lame et le corps de la Comtesse tomba à terre.

Dans le vaisseau. Sadia, inconsciente sur le sol, se cambra soudainement, hurlant un cri rauque et inhumain.
« _ Qu’est ce qui lui arrive ? »
Sadia se débattait sur le sol, criant comme une furie, le corps pris de soubresauts violents.
« _ Vite ! Venez m’aider à la tenir ! »
« _ On dirait une crise d’épilepsie ! »
Luc et Robin se précipitèrent et parvinrent tant bien que mal à maitriser Sadia, qui hurlait et se débattait toujours autant.
« _ Mais qu’est ce qu’elle a ? »
Il leur fallut presque dix minutes pour arriver à la calmer. Elle était maintenant assise, la tête entre les mains, secouant le torse comme une autiste, marmonnant dans une langue inconnue. Luc s’était assis à coté d’elle et essayait de la raisonner. Julie entra alors dans la pièce.
En la voyant, le silence se fit. Seule la litanie de Sadia continuait, inlassablement. Julie était couverte de sang, elle tenait à peine debout. Elle lâcha sa lance qui tomba au sol dans un fracas métallique. Son regard était perdu, empli de désespoir. Elle sanglotait.
« _ Julie… qu’est ce qui s’est passé Julie… ? »
La Wiccane ne répondit pas. Elle avança dans la pièce, lisant de la surprise, et aussi de la peur sur tous les regards de ses amis. Puis elle vit Sadia, assise, toujours dans sa crise. Elle ne l’avait même pas remarquée. Julie fut soudainement prise d’un haut le cœur. Elle courut derrière la porte et on l’entendit vomir. Lola hésita un peu, puis décida d’aller voir son amie. Théo brisa le silence.
« _ Je ne sais pas ce qui s’est passé là-bas, mais ça n’a pas du être beau à voir. »
Lola revint deux minutes plus tard, tenant Julie par les épaules. Théo alla les voir, inquiet.
« _ C’est bon Théo, c’est bon. Elle va mieux. »
Non, Julie n’allait pas mieux. Elle venait de réaliser. Elle avait commis un meurtre. Elle allait devoir vivre avec. Elle, une Wiccane, enfant de la nature, prêchant l’amour et la fraternité envers l’autre, elle avait ôté une vie.
Robin essaya alors à nouveau de mettre un mécanisme en route sur le vaisseau.
« _ Au moins, on est débarrassés de Szczeskaya, c’est déjà ça. »
Il avait parlé sans conviction, comme pour se convaincre lui-même de ce qu’il disait. Lui aussi, se rendait compte de ce qui s’était passé.
« _ Irina… Irina… Irina… »
Sadia continuait de parler dans le vide, les yeux grands ouverts, semblant plonger dans le néant.
« _ Elle a vraiment pété un câble, la pauvre fille. »
Julie aussi s’était assise, et essayait de penser à autre chose. Une fois la colère tombée, une fois la rage passée, elle se rendait compte de ce qu’elle avait fait. Et les paroles de la Comtesse la travaillaient. Non, elle mentait. Elle mentait tout le temps de toute façon. Mais Julie avait sentit que l’amour qu’elle portait à Sadia était réel, profond, sincère. Une femme avec de tels sentiments ne pouvait pas être totalement mauvaise… Non, elle était mauvaise. Elle les avait toutes faites assassiner. Elle méritait de mourir ! Mais ce qu’elle avait dit sur Luc… ils avaient fait confiance à Luc, aveuglément…
Les pensées couraient dans la tête de Julie, rapides, mélangées, enchevêtrées. Elle regardait Luc. Elle essayait de se souvenir. Qu’est ce qu’il leur avait dit ? Elle ne se rappelait plus bien. Ils étaient protégés de la lumière rouge parce qu’ils étaient spéciaux. Comme Inoué et les Pohals… comme Sadia et Irina… Mais… et lui ? Pourquoi lui, il n’était pas affecté ?
Elle eut un flash. Elle regardait Luc. Elle le fixait. Il pianotait sur une console. Lui aussi il cherchait à enclencher le processus dont on leur avait parlé. Il cherchait… Plus elle l’observait, plus elle doutait… Il ne cherchait pas… Ses mouvements n’avaient rien d’incohérent… il savait très bien ce qu’il faisait. Instinctivement, Julie ramassa la lance tombée près d’elle, et se leva, le regard rivé sur Luc, qui s’affairait sur le panneau de contrôle.
Il s’arrêta net. La pointe de la lance s’appuyait sur sa nuque.
« _ Ne touche plus à rien… »
Julie tenait la lance. Ses yeux étaient fous, creusé, mais ne cillaient pas. Elle parla entre ses dents serrées.
« _ Tu bouges d’un millimètre et je t’envoie rejoindre l’autre salope… »
« _ Julie, qu’est ce qui t’arrive ? »
« _ Julie, arrête… »
« _ Silence ! »
Elle venait de crier, se surprenant elle-même. Luc ne bougeait pas, mais était étonnamment calme.
« _ Julie, tu as été traumatisée par ce qui s’est passé, écoute moi… »
« _ Ta gueule ! »
Luc sursauta, elle était au bord de la crise de nerf, et la pointe se faisait plus pressante sur sa nuque. Théo tenta de s’approcher.
« _ Julie… pose cette arme Julie… s’il te plait… »
« _ Non… regarde le… il nous cache des choses… Il ne nous a pas tout dit, je le sais… »
« _ Julie… on comprend… on sait ce que tu as vécu… »
« _ Non, vous ne savez rien ! »
Julie surveillait ses amis autour, comme si chacun représentait une menace. Ils n’osaient pas bouger. Luc avait réussi à se retourner, doucement, pour faire face à Julie.
« _ Tu vas poser cette lance Julie. Tu vas la poser, car tu ne veux pas faire de mal. Tu n’aimes pas faire du mal… »
Julie le regardait, droit dans les yeux. Les larmes montaient à nouveau. Qu’est ce qu’elle faisait ? Qu’est ce qu’il lui arrivait… ? Ses pensées étaient confuses. Intuitivement, elle voulait se méfier de Luc. Mais là, elle ne savait plus.
Luc attrapa doucement la lance, et commença à la baisser. Julie était perdue. Elle pleurait. Théo s’avançait toujours, lentement, essayant de la réconforter de sa présence.
« _ Julie… Écoute-moi Julie… On sait ce que tu as traversé… Calme-toi… Tu… »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Un sifflement métallique retentit, à la limite du supportable pour les oreilles. Julie se cambra brusquement et émit un hoquet, le souffle coupé. Un fin filet de sang coula lentement de ses lèvres. Elle tomba au sol, dans un bruit sourd, devant ses amis trop interloqués pour pouvoir bouger. Derrière elle, Koltar, chef de la sécurité, brandissait sa lance couverte du sang de Julie. Luc pesta.
« _ Imbécile ! C’était pas la peine, je maitrisais la situation ! »
Koltar ne comprit pas, conscient de n’avoir fait que son devoir.
En un instant, une armée d’androïdes se matérialisa dans la pièce. Les trois jeunes n’eurent pas le temps de bouger qu’ils étaient cernés. Théo voulut se précipiter vers sa bien aimée qui gisait au sol. Un androïde le frappa et l’envoya à terre pour qu’il ne bouge plus, grognant dans une langue gutturale et menaçante. Luc s’avança au milieu de la pièce.
« _ C’est bon tout le monde, calmez vous ! »
Luc semblait donner les ordres. Robin se releva prudemment, sentant les pointes de plusieurs lances l’encerclant.
« _ Qu’est ce qui se passe là… explique nous… Tu bosses pour qui… ? »
Luc souriait. Il se tourna vers Robin, condescendant.
« _ Vous avez joué votre rôle. »
Il finit alors son travail sur la console de commande.
« _ C’est bon, on peut y aller. »
Une lumière envahit la pièce, couvrant tous les regards, éblouissant les esprits. Le groupe ainsi que leurs gardes se trouva transporté dans la salle de la pyramide. L’énergie crépitait, irradiait, emplissait tout l’espace, pénétrait le corps et l’âme de chaque personne présente. Au centre, présidant un déferlement de lumière, se tenait Siilla. La grande coordonatrice offrit un sourire radieux à ses invités.
« _ Vous voilà. Bienvenue, au renouveau de votre espèce. »

De son coté, Inoué préparait tranquillement un cataclysme. Seul dans la salle de contrôle, il pianotait sur des claviers, passant de l’un à l’autre l’air très affairé et amusé.
« _ Là, ça va faire mal… »

Sous la grande pyramide, les trois jeunes ainsi que Sadia étaient à genoux, encadrés de gardes androïdes surveillant le moindre de leur mouvement. Théo était en larmes, le corps de Julie était resté dans le vaisseau. Luc avait rejoint la grande coordinatrice. Le treizième crane ornait le sommet de la pyramide, il avait la bouche ouverte, et laissait couler des vagues d’énergies à travers la réalité.
« _ Bientôt, l’énergie du cœur du vaisseau se transmettra au crâne. Notre monde s’ouvrira, et fusionnera avec le votre pour devenir le Dixième Inframonde. »
Siilla observait tout cela avec impatience et envie. Elle remarqua alors les larmes de Théo. Elle s’agenouilla dans un geste fluide et élégant, et passa sa longue main sur le visage du jeune homme.
« _ Je comprends ta tristesse, je compatis à ton désarroi. Ton amie a donné sa vie pour le bien de ton espèce et de la mienne. »
Elle se releva.
« _ Votre monde va changer. Votre race va évoluer, s’unir avec nous, transformer votre planète en un lieu spirituel, en harmonie avec les forces de l’esprit. »
Les jeunes n’y comprenaient rien. Ils avaient tous les yeux emplis de terreur et d’incompréhension. Seule Sadia restait prostrée dans sa folie. Siilla continuait son monologue.
« _ Vous quatre, vous conteniez des gênes qui ont voyagé des millénaires à travers vos générations, pour se retrouver aujourd’hui, le jour du changement. Vous seuls étiez à même d’enclencher le processus qui devait unir nos mondes, ce qui avait été planifié il y a des millénaires, lors de la disparition du Huitième Inframonde. »
La grande coordinatrice arpentait la pièce, exécutant avec une grâce exquise des mouvements s’apparentant à une danse.
« _ Chaque inframonde disparaît lorsque nous changeons de réalité, pour en coloniser une nouvelle. »
Siilla s’arrêta devant le crâne rayonnant, en admiration.
« _ Il en sera fini de la faim, de la misère, de la maladie… Seul le bonheur d’exister restera. »
Elle était envoutante, Mais Théo ne décolérait pas.
« _ Vous… Qu’est ce que vous avez fait ? Vous nous avez… »
Il regardait furieusement Luc.
« _ Et toi, tu nous as menti ! Tu fais quoi là ? »
Luc ne répondit pas, Siilla lui passa une main affectueuse sur l’épaule.
« _ Luc a été engendré, lorsqu’il était retenu chez nous, alors que je l’avais laissé seul sans ses amies. Il porte en lui un Erytarien. »
Lola sortit alors de son silence.
« _ Alors… depuis le début… il n’était pas… »
« _ Non jeune enfant, il était à moi. Il était mes yeux et ma main, pour vous guider vers votre salut. »
Lola faisait instinctivement non de la tête.
« _ Et… les paroles du crâne… les Oanes… »
La grande coordinatrice posa un regard compatissant et affectueux sur la jeune fille.
« _ C’était ce que vous vouliez entendre. Votre culture, vos envies, vos passions… voilà ce que vous avez entendu. Vous vouliez l’entendre. Jamais vous n’auriez pu jouer votre rôle sans cette conviction aveugle à votre cause. »
Lola, ainsi que ses amis, comprenait. A quel point ils n’avaient été que des pions. C’était inscrit dans leurs gênes, le rôle qu’ils devaient jouer. Tout cela leur était implicitement dicté depuis des millénaires. Le destin, pouvait-on dire, une fatalité, mais surtout, une désillusion. Ils avaient tant rêvé, tant espéré. Un profond désespoir les envahit. Siilla le sentit.
« _ Vous ne devez pas vous laisser envahir par la tristesse. Je la comprends, vous devez vous sentir frustrés, perdus. Mais vous avez œuvré pour le bonheur de votre monde. »
« _ Et Julie alors ! Comment elle en profite, elle, du bonheur ! »
Théo venait d’exploser, sa tristesse et sa colère ne pouvaient plus être contenues. Siilla lui saisit alors les mains d’un geste délicat et tendre.
« _ C’est une épreuve difficile que de surmonter le sacrifice de ton amie. Ta tristesse est la mienne, je suis désolée. Le monde d’amour qui s’annonce t’aidera, je te le promets. »
Siilla leva alors les yeux vers Sadia, toujours enfermée dans son mutisme et sa démence. Elle se leva et s’approcha d’elle.
« _ Tout comme toi mon enfant. Toi aussi, tu as souffert. »
Elle passa ses longs doigts dans les cheveux de Sadia.
« _ Toi aussi, tu connaitras le bonheur… »
Soudain, Sadia attrapa la main de la grande coordinatrice d’un geste brusque. Siilla fut surprise, la poigne était forte, étonnamment forte. Elle essaya de tirer pour libérer sa main, sans succès. Sadia se releva alors, doucement, tenant toujours fermement la grande coordinatrice. Elle se dressa dans la pièce, pétrifiant l’assemblé de sa présence soudainement oppressante. Elle ouvrit les yeux, et les posa sur Siilla. Son regard s’accompagna d’un sourire ravageur et inquiétant. La grande coordinatrice se sentit alors comme une petite souris face à un chat, elle découvrait une prédatrice qui la terrifiait. Sa main était broyée par une pression implacable. Sadia ouvrit alors la bouche, et fit résonner une voix cristalline et cinglante.
« _ Et vous vous imaginiez que j’allais vous laisser faire… »

Dans la salle de contrôle, Inoué déclencha à distance les propulseurs du vaisseau, et se téléporta très vite loin de Bugaragh.




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MessageSujet: Re: Histoire à plusieurs mains.   Dim 29 Avr - 21:22

Un an plus tard…
Sadia se réveilla doucement, lors de cette belle matinée d’automne. Elle s’étira dans son lit, et regarda par la fenêtre le soleil qui se levait, lui offrant un beau sourire.
Elle se leva, passa un grand peignoir de soie vert émeraude sur ses épaules, et descendit l’escalier qui la menait à la cuisine. Grignette, son chat, la suivait le long des marches. Elle entra dans sa cuisine, une baie vitrée était ouverte sur le jardin. Le café avait coulé, emplissant l’air d’une odeur agréable et accueillante, dans la douceur du matin. Son petit déjeuné était déjà servi dehors. Elle avait pourtant déjà répété des centaines de fois qu’elle préférait le faire elle-même. Tant pis. Elle regarda le calendrier au mur. Le dimanche vingt-huit octobre deux mille douze. Cela faisait un an, déjà… Elle contemplait le calendrier, sa gorge se noua alors, les souvenirs ressurgissaient...
Des souvenirs angoissants…
Gravés dans son âme comme une marque indélébile et douloureuse…

« _ Sadia… où es-tu Sadia… ? »
« _ Crève ! »
Inconsciente, Sadia avait entendu son amie. Allongée dans le vaisseau, elle entendait, elle avait entendu l’appel à l’aide d’Irina. Elle lui avait répondu.
« _ Je suis là Irina, je suis là, viens ! Je t’en supplie viens ! »
Le choc avait été brutal. Sadia avait reçu l’esprit désincarné d’Irina. Une sensation incompréhensible et déstabilisante, pour les deux femmes. Sadia ne contrôlait plus ses mouvements, ni ses pensées, elle était en pleine confusion, deux esprits occupant son corps.
« _ Je suis là Sadia… je suis là… »
« _ Oui… je te sens… je te vois… Irina… qu’est ce qui s’est passé… ? »
« _ Chut… tu ne dois pas t’inquiéter… je vais bien… »
« _ Non Irina… je m’inquiète pour toi… j’ai senti… ce qu’elle te faisait… »
« _ Ca n’a plus d’importance maintenant, crois moi. »
Les esprits se mélangeaient, alors que l’agitation gagnait la passerelle du vaisseau.
« _ Je vais te garder auprès de moi Irina, je vais te garder avec moi. »
« _ Tu ne peux pas Sadia, tu sais que ce n’est pas possible… »
« _ Mais je ne veux pas que tu partes… Irina, je ne veux pas… »
Devant la pyramide de verre, la Grande Coordinatrice tournait dans la pièce, triomphante, parlant sans cesse. Sadia, enfermée dans son esprit, ne la voyait pas.
« _ Irina… Je… je suis perdue… comment… je vais faire sans toi… ? »
« _ Je suis là… je te le dis je suis là. Tu le sais que je ne t’abandonnerai jamais. »
« _ J’ai peur… je ne veux pas être séparée de toi… »
« _ Je serai toujours auprès de toi… »
Siilla posa alors sa main sur les cheveux de Sadia.
« _ Laisse moi venir Sadia… Laisse moi la place… je suis là… »
« _ Oui… Irina, viens… je ne veux pas que tu t’en ailles… »

Sadia regardait le calendrier. Elle n’avait jamais oublié aucun des mots qu’elle avait échangé avec son amie à ce moment là. Elle ne savait pas qui avait attrapé la main de la Grande Coordinatrice, si c’était elle, Irina, leurs deux esprits, ou… autre chose. Les souvenirs étaient flous, comme si elle les voyait de l’extérieur. Quelques bribes de paroles revenaient à son esprit, lointaines, comme un souvenir de rêve… Elle se souvenait avoir dit quelque chose. Ses lèvres avaient parlé. Mais ce n’était pas elle. Elle avait un visage en tête. Une femme. Mais pas une humaine. Elle savait que c’était une femme, mais pas humaine. Elle l’avait entendue parler, des Lumaniens, de leur extinction, de leurs esprits envahis par les Erytariens. C’était le moment, de la liberté, ce qui s’était produit ne devait pas arriver à nouveau. Sadia y avait songé plusieurs fois, seule, essayant de comprendre ce qui était arrivé. Mais jamais son esprit ne put voir ce moment clairement. Comme un instant de sa vie qui restait en suspend dans les limbes de l’inconscience.
Les choses s’étaient passées très vite. Elle avait esquivé une lance dans son dos d’un geste d’une rapidité surnaturelle, lance qu’elle avait attrapée, et avec laquelle elle avait abattu trois androïdes d’un mouvement rapide et incompréhensible, sans lâcher Siilla, ballottée par les mouvements de Sadia, et qui ouvrait des yeux terrifiés, pétrifiée de terreur par ce qu’elle voyait au fond du regard de la grande arabe. Les androïdes abattus, Sadia tenait toujours Siilla d’une poigne de fer. La Grande Coordinatrice tomba à genoux, écrasée par la pression sur sa main. Sadia lui offrait alors un sourire démoniaque. Leurs regards s’échangèrent, et leurs pensées fusionnèrent en un instant.
« _ Qui es-tu… ? »

Sadia voyait la scène de loin, comme un film flou, mais elle comprit très vite que Siilla ne savait pas à qui elle parlait. Le temps semblait suspendu. Les jeunes autour étaient paralysés par ce combat d’une autre dimension, d’un autre temps. Même Luc et Koltar n’osaient pas bouger. Sadia imposait sa présence, rayonnait dans la pièce d’une puissance inconnue. L’âme de Sillia tremblait comme une petite fille face à une louve.
« _ Qui… es-tu… ? »
« _ L’instrument de l’extinction de ta race Siilla. »
La discussion se faisait sans parole, dans l’espace intemporel qui reliait les deux adversaires, le long du fil de leurs regards.
« _ Les humains n’ont pas à subir les conséquences de votre disparition, vous avez déjà parasité une espèce pour pouvoir survivre ! »
« _ Ils sont déjà métissé avec d’autres races extra-terrestre, ça ne sera qu’une évolution de plus pour leur espèce… »
« _ Une évolution… une régression, comme cela a été avec les Lumaniens. »
« _ Ces humains sont primitifs, violents ! Nous leur donnerons un monde sain, sans guerre, sans haine, sans tristesse. Si nous ne les aidons pas, ils vont de toute façon disparaître ! »
« _ Ils méritent de le choisir eux-mêmes, ce n’est pas à toi de décider de leur destiné, Siilla ! »
La Grande Coordinatrice n’arriva pas à répondre. Son esprit était terrifié par cet être inconnu qui se dressait devant elle. Sadia enchaîna.
« _ Vous avez fait votre temps, vous autres Erytariens. Vous avez cru survivre au temps en devenant des êtres immatériels. »
Un flot de consciences inonda l’espace, comme si le passé défilait à toute vitesse dans les esprits.
« _ Un rêve louable, s’élever pour ne devenir que conscience. Beaucoup d’espèces l’ont tenté, l’ont cherché… »
Sillia était toujours au sol, son regard se perdant dans l’immensité de la profondeur des yeux de Sadia. Elle y voyait un univers, des millénaires d’histoire défiaient, comme si les souvenirs de tout un peuple s’entrechoquaient. La Grande Coordinatrice supplia.
« _ Nous avons réussi, nous sommes devenus des êtres de conscience pure… »
« _ Mais pas immortels. Votre forme immatérielle se dilue, et disparaît. Il vous fallait toujours un support. A chaque fois qu’il fallait survivre, vous colonisiez une autre réalité. »
Siilla ne comprenait pas. Comment une simple terrienne pouvait savoir tout cela ? Qui habitait ce corps ? Sadia restait imperturbable.
« _ Il faut que ce cycle cesse. »

Le retour à la réalité avait été brutal. Sadia avait jeté la lance sur le crâne, qui avait explosé dans des milliers d’éclats, arrachant un cri de désespoir à la Grande Coordinatrice. Une gerbe d’énergie chaotique avait inondé soudainement la pièce, percutant les parois, perforant la pyramide de verre et créant une pluie de débris de roches et de cristal. Tout n’avait duré que quelques secondes, un moment fugace pour des milliers d’années d’attente. Une voix avait hurlé dans sa tête, lui ordonnant de fuir. Sadia avait attrapé le cristal dans son soutien-gorge. Elle avait pensé instinctivement à voler, le plus loin possible, loin de tout cela.
Elle ne se souvenait plus de la suite. Elle s’était réveillée dans un lit d’hôpital, commotionnée, et surtout en état de choc. On lui expliqua qu’elle avait été retrouvée errante au bord de l’autoroute de Carcassonne. Comme elle, beaucoup de monde avait souffert du cataclysme, le séisme avait porté des dégâts jusqu’à Perpignan et en Espagne. Elle découvrit les jours suivants ce qui s’était passé, une explosion avait balayé le Mont Bugarach, faisant suite à trois jours de blackout sur toute la planète. Les premières observations ne laissaient apparaître qu’un cratère fumant de trois kilomètres de diamètre. Le sud de la France avait été ébranlé, un séisme sans précédent avait parcouru tout le sud ouest, se propageant jusqu’en Espagne. Sadia avait regardé ça interloquée, sans trop comprendre ce qui arrivait. Mais sa surprise fut encore plus grande lorsqu’elle vit débarquer dans sa chambre Vincent, l’homme du premier cercle des employés les plus dévoués à la Comtesse Szczeskaya. Il parla beaucoup, sortit plein de documents devant Sadia, qui n’y comprit rien, mais signa ce qu’on lui montrait. Il lui résuma alors la situation. Irina lui avait tout légué. Elle avait tout préparé depuis longtemps, elle savait qu’elle ne survivrait pas à ce combat, et elle lui avait tout donné. Sa fondation, sa fortune, ses pouvoirs, son titre… Tout revenait à Sadia, la nouvelle Comtesse Dhamani…
La Comtesse Dhamani… Ce titre était le cadeau le plus intime que son amie avait pu lui faire. C’est un moment que Sadia avait toujours détesté. Irina lui avait tout donné, jusqu’à son âme, mais elle n’était plus là. Elle aurait tout abandonné pour pouvoir la serrer encore dans ses bras.

Sadia regardait le calendrier. Les larmes montaient. C’était encore trop tôt, un an, ça ne suffit pas pour un deuil. Elle se souvenait, avant le réveil à l’hôpital…
Est-ce que ça n’avait été qu’un rêve ?

Irina se tenait devant elle, belle, souriante, rayonnant de lumière. Sadia se sentait flotter, comme si elle n’avait plus de corps, comme si le temps n’existait plus. Elle s’approcha de son amie.
« _ Irina… Tu es là Irina… »
« _ Oui… nous avons réussi, nous avons sauvé notre monde. »
Le corps d’Irina rayonnait de plus en plus. Sadia comprit de suite ce qui se passait, et commença à crier.
« _ Irina non ! Reste Irina, je t’en supplie reste ! »
« _ Je ne peux pas, tu le sais bien… Je dois partir. »
« _ Je ne veux pas que tu partes ! Comment je vais faire sans toi ! »
Irina s’approcha alors de Sadia, son corps commençait à laisser échapper des fils lumineux, s’éparpillant dans le néant.
« _ Je suis vraiment désolée… Je ne peux pas rester… Mais sache… »
Irina brillait de plus en plus, devenait de plus en plus floue. Sadia pourtant ne quittait pas ses yeux, plongeant dans ce bleu si profond, si clair, si métallique. Irina posa doucement le bout de ses doigts sur les joues de son amie, qui ressenti comme un picotement à ce contact. Les yeux d’Irina étaient magnifiques, comme deux vitraux bleus immaculés, dans lesquels Sadia put lire une profonde tristesse. Irina arriva à articuler un sanglot.
« _ Sache que je t’ai vraiment aimée… »
Elle posa un long baiser sur les lèvres de Sadia, qui essayait désespérément de la retenir par la fougue de sa passion, et par ses larmes qui dégageaient des vagues fines et lumineuses d’énergies autour de son visage, alors que le corps de la belle Comtesse finissait de se désagréger en lumière.

Sadia avait furieusement arraché la page du calendrier, et essuyait en tremblant les larmes qui naissaient sur ses yeux. C’était encore trop tôt pour qu’elle oublie. Ce qu’elle avait ressenti à son réveil, la douleur qui l’avait frappée… Elle qui avait fusionné avec Irina, qui avait vécu en ressentant l’âme de deux personnes pendant des semaines, se retrouver brutalement seule, c’avait été intenable, insupportable. Comme si elle s’était réveillée amputée des deux jambes. En fait, c’était pire, elle s’était réveillée le cœur meurtri d’une plaie béante. Et un an après, la douleur était toujours présente.

Sadia sortit pour prendre son petit déjeuner. Il fallait se changer les idées. Le programme de la journée était simple, un discours en commémoration de la disparition de la Comtesse, un an plus tôt. Un de ses conseillés lui avait suggéré cyniquement de verser une larme à ce moment là… Pour sa part, Sadia se demandait comment elle allait passer la première page du discours sans éclater en sanglots. D’ailleurs, avait-elle passé une seule journée sans pleurer, depuis un an ? Elle ne s’en souvenait plus.
Elle s’était surprise elle-même à prendre les rennes de la fondation, et sans s’en rendre compte, elle s’était imposée comme la nouvelle maitresse des lieux. Peut être cela avait été une échappatoire pour son esprit, une manière de s’occuper, de penser à autre chose. En tout cas, elle comprit plus tard que ça l’avait sauvée du suicide.
Ses premières directives avaient été claires, se rendre maitre du cratère de Bugarach, sceller ce lieu, et surtout, la prévenir si jamais le moindre signal d’un quelconque être d’un inframonde était détecté, voire même si le moindre signal de la manifestation d’un inframonde se faisait sentir. Si Inoué refaisait un jour surface, elle n’allait pas le louper. C’était peut être irrationnel, mais il paierait pour la souffrance qui rongeait le cœur de Sadia.
Elle pénétra dans le jardin et s’assit à sa table, s’installant sur une magnifique chaise art-déco en lissant d’un geste élégant son peignoir de soie. Vincent lui servit son café, elle le regarda d’un œil mécontent, elle voulait le faire elle-même. Il répondit à son regard par un air amusé, et dévoué. Elle prit alors son couteau et se tartina une tranche de pain.
« _ Aie ! »
Enervée, elle venait de se couper.
« _ Merde, quelle conne ! »
Elle porta alors instinctivement sa main à la bouche pour nettoyer la coupure. Puis elle regarda sa paume. Au bout de quelques secondes, la blessure se referma, dans un bruissement imperceptible, laissant une main propre et immaculée. Sadia reprit alors son petit déjeuné.

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